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éditorial du n° 1082

Le jeudi 1er mai 1997.

Verrons-nous le R.M.I. disparaître dans les semaines qui viennent pour laisser place à un R.M.G. ?

Le bruit court qu’ayant enfin prit conscience de la vacuité de toute tentative d’insertion, puisque toutes les places sont déjà prises, les politiciens se proposeraient d’abandonner cette approche du traitement de la misère.

La raison voudrait en effet que l’assurance d’un revenu ne soit plus attaché au travail puisque celui-ci ne concernera à l’avenir qu’un nombre toujours décroissant d’individus, ce qui n’est pas un mal, loin de là.

S’il faut produire, et que des machines puissent nous éviter des efforts, eh bien ! il faut que les machines nous remplacent vite et nous laissent enfin du temps pour vivre, créer, rêver ou pour nous livrer à toutes autres activités en fonction de nos goûts.

Ne nous laissons pas polluer l’esprit par la morale qui dit : « tu gagneras ton pain à la sueur de ton front ». Nous n’avons pas à gagner notre pain puisque nous n’avons pas demandé à naître. Ce pain est un dû. Le travail, s’il n’est pas la réalisation de nos goûts et aspirations est un vol de notre temps… un déni de notre humanité.

Seulement voilà, tant que des maniaques s’évertueront à vouloir monnayer ce qui est produit (et que nous continuerons à accepter de le leur acheter au lieu de nous approprier ce qui nous est utile et qui par là même nous est dû), il nous faudra de l’argent, ou toute autre forme de monnaie, pour nous procurer de quoi nous loger, manger, etc.

Alors, oui, pourquoi pas un revenu minimum garanti ? Restent à en définir les conditions.

Il ne saurait être question de nous contenter de deux ou trois milles francs par moi. Nous parlons d’un revenu, pas d’un cache-misère. La moindre des choses est que le montant minimum de ce revenu permette au plus exigeant d’assumer tous ses désirs.

Autrement dit, il faut interroger le plus avide des individus, estimer la somme nécessaire à la réalisation de ses besoins, et décider que cette somme est le R.M.G.

Ainsi le plus pauvre d’entre les pauvres serait assuré de disposer de tout ce dont il pourrait rêver. à ce compte, on peut se demander à quoi bon conserver un système monétaire ? La réponse est simple à cette question : pour ne pas frustrer ceux qui croient encore en son utilité.

Bien qu’imparfaite, cette solution, ce Revenu Minimum Garanti, pourrait être retenue en attendant mieux ; ce mieux bien sûr qu’on ne peut nous donner mais qu’il nous appartient de prendre.

Il est bien évident qu’un R.M.G. ne répondant pas aux conditions ci-dessus énoncées ne saurait mériter même qu’on s’y arrête et qu’on le considère.


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