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Basquiat, Smilla…

Le jeudi 19 juin 1997.

Une expo est consacrée au jeune peintre métis Basquiat, un des premiers à faire des peintures-collages-écritures sur tous les matériaux à sa disposition, à commencer par les murs d’un coin de rue à New-York où il campait dehors avant d’atteindre une notoriété aussi forte qu’éphémère. Ami d’Andy Warhol, il fertilise même les dernières manifestations artistiques de ce dandy à l’origine du pop art (les visages à répétitions sur des canettes de bière écrasées, c’est lui). Basquiat est peintre, dessinateur avant tout, un génie du crayon qui transforme une addition à payer dans un restau en œuvre d’art, qui produit dans la rage, la plénitude. Il touche à tout y compris les drogues, il en mourra très jeune.

Le film essaie de ne rien trahir de son œuvre, mais il se heurte au refus de la famille. C’est pourquoi les toiles du film ont été refaites d’après les originaux par l’ex-imprésario de Jean-Michel Basquiat, Julian Schnabel, qui est lui-même peintre et fut ami de Warhol. Basquiat, Haïtien, incarne l’art des années 80, la productivité exceptionnelle de cet homme fragile, unique représentant de l’art populaire métissé des îles colonisées, est parfaitement représentée dans l’exposition du musée Maillol, même si cette exposition privilégie ses œuvres sur papier. À signaler aussi la prestation remarquable d’un David Bowie méconnaissable en Warhol qui donne un souffle de folie à ce film relativement « correct » pour rendre compte de personnages hors normes et hors conventions [1].

Smilla (Smilla’s sense of snow) est l’adaptation d’un livre du même nom, réalisée par Billie August, qui raconte l’histoire d’une jeune femme, née au Groenland, fille d’un père danois et d’une mère inuit. Capable de s’orienter et de s’adapter aux espaces infinis de l’Arctique, Smilla va résoudre le mystère de la mort de son seul ami, un enfant inuit. Le film est un James Bond au féminin très réussi. La qualité du livre, un best seller dans les pays nordiques et en Allemagne, fait du scénario, au-delà du policier à suspens, un film aux qualités humaines indéniables. Le concours de grands acteurs : Julia Ormond dans le rôle titre, Gabriel Byrne, Richard Harris, Vanessa Redgrave, Mario Adorf… et les paysages grandioses du Groenland arrivent à maintenir une juste balance entre la superproduction et le film à grand public qui expose les conflits importants de la conscience et la responsabilité de chacun.

Heike Hurst
émission Fondu au Noir (Radio libertaire)


[1Exposition Basquiat : Fondation Dina Vierny, musée Maillol, 59-61, rue de Grenelle, Paris 7e. Tous les jours sauf mardi jusqu’au 29 septembre.


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