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Appel

Soutenir René Riesel

Le jeudi 19 décembre 2002.

Sous réserve qu’aboutisse le dernier recours juridique envisageable — non-révocation du sursis de Nérac —, l’arrêt rendu le 19 novembre 2002 par la Cour de cassation condamne définitivement, comme attendu, Joseph Bové et René Riesel à des peines de 14 mois de prison ferme, 7 622 euros d’amende et 12 103 euros de dommages et intérêts et de frais au titre des articles 475-1 et 618-1 du Code de procédure pénale et de l’article 1018A du Code général des impôts, cela pour avoir organisé le 5 juin 1999 une destruction de riz transgéniques expérimentaux dans un établissement de recherche agronomique d’État, le CIRAD de Montpellier.

La Confédération paysanne et ses alliés citoyennistes en sont finalement réduits, pour toute réaction, à en appeler à la grâce présidentielle, à la Cour européenne de justice, à la solidarité de la gauche moribonde et à la compassion de l’opinion publique. Maintenant on voit l’état réel des forces et ce qu’a rapporté la « stratégie » consistant à affadir la critique dans l’illusion qu’on la rendrait ainsi assimilable par les progressistes. À l’arrivée, il ne reste rien du refus des nécrotechnologies et, toute honte bue, on peut calomnier les sabotages en les présentant comme relevant de l’exercice légitime des « libertés syndicales ». Voilà qui illustre une nouvelle fois la loi selon laquelle les médias donnent tout spécialement la parole à ceux qui n’ont rien à dire (et maintenant que Bové a passé sa date de péremption, ce sont les journalistes eux-mêmes qui nous expliquent en quoi il est tombé dans le piège de la médiatisation).

On vient donc d’assister à la liquéfaction ignominieuse organisée depuis août 1999 (à partir du démontage du Mc Donald’s de Millau). La pantalonnade s’achève mais elle a rempli son office. En occultant le sens de la critique en actes qui avait commencé à se formuler à travers la destruction de chimères génétiques, le verbiage consumériste et les proclamations « anti-mondialistes » ont réussi à empêcher la remise en cause de l’artificialisation universelle de la vie, de sa mise en dépendance qui se veut irréversible par le despotisme industriel (c’est-à-dire par le capitalisme réel et non pas fantasmé sous la figure simplificatrice d’une globalisation financière prédatrice et apatride).

Comme René Riesel l’a fait savoir dans un rectificatif que Le Monde n’a reproduit que très partiellement dans son édition du 24 novembre, il interdit à quiconque de faire croire qu’il manquerait de fermeté au point de quémander une grâce quelconque ou de la laisser mendier pour lui par l’engeance citoyenniste ou les fossoyeurs moribonds de l’ancien mouvement social.

C’est précisément parce qu’il ne s’est compromis dans aucune stratégie démagogique de rassemblement sans principe qu’il n’est pas seul. Il nous appartient maintenant de le prouver en organisant la solidarité avec le sens des actions qu’il a menées et défendues dans ses textes. Cette solidarité peut tout de suite s’exprimer en l’aidant à supporter les débours auxquels, quelle que soit l’issue du dernier recours concernant l’incarcération, il va être contraint (aux termes de la loi l’amende devrait toutefois être acquittée par le seul condamné).

Association contre l’obscurantisme scientiste et le despotisme industriel, Boîte 19 — 52, rue Damrémont 75018 Paris, Chèques à l’ordre de l’association COSEDI





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