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Florence

Anars crosse en l’air

Le jeudi 19 décembre 2002.

Après le non à la guerre, maintenant nous devons nous préparer à arrêter la machine de guerre. C’est une foule exceptionnelle qui a manifesté à Florence le 9 novembre contre la guerre et les préparatifs d’attaque de l’Irak. Il est peu intéressant de savoir combien nous étions — un million, un demi-million ? Ce qui est important c’est qu’un peuple tout entier s’est finalement mis en marche, pour ce qui a été probablement la plus grande manifestation européenne contre la guerre de tous les temps, pour dire un non net et massif à l’intervention militaire contre un autre peuple, un non complet, sans « si » ni « mais ».

L’USI-AIT (section italienne de l’Association internationale des travailleurs), bien que n’adhérant pas au contenu du Forum social (que nous jugeons vertical, institutionnel et en partie intégré à la même logique capitaliste) s’est fortement mobilisée pour la manifestation contre la guerre, la considérant comme un bon point de départ, comme l’a été la grève générale du 18 octobre dernier, pour la longue bataille antimilitariste qui nous attend.

Pour cela, nous avons constitué, en tant qu’USI-AIT, un cortège autonome au sein de la manifestation contre la guerre ; cortège qui s’est rapidement uni avec celui des compagnons anarchistes et antimilitaristes, donnant vie à un grand serpent rouge et noir en mouvement, qui à la fin regroupait aux alentours de 5 000 personnes.

La banderole de l’Unione et la multitude de drapeaux rouges et noirs étaient brandis par des militants et sympathisants venus de toute l’Italie (Toscane, Ligurie, Émilie-Romagne, Piémont, Lombardie, Frioule-Vénétie Giulia, Marche et Campanie) qui reprenaient les chants de luttes et les interventions scandées dans le haut-parleur de notre camionnette qui ouvrait le cortège libertaire.

On a noté une forte participation des Florentins eux-mêmes et des immigrés à la manifestation, qui se sont joints au cortège et ont participé avec gaieté. Tant et tant de beaux moments dont nous pourrons nous souvenir, comme celui à la fin de la manif où la fourgonnette avançait en passant Bella Ciao sous les applaudissements de la foule.

Cependant nous devons nous rappeler que dans la phase actuelle il ne suffit pas seulement de dire « non à la guerre » et que certaines composantes présentent à Florence (comme le syndicat réformiste CGIL, ou les différents partis de la « gauche » institutionnelle) ont couvert et approuvé hier des guerres cruelles qui ont frappé d’autres peuples (Irak, Somalie, Yougoslavie, Afghanistan). Autant de crimes de guerre, à l’exemple des bombardements et de l’agression de la Yougoslavie en 1999, dont ces composantes — alors au gouvernement ou bien qui le soutenaient — ont été les responsables directs des massacres.

Par conséquent, il ne saurait y avoir aucune ambiguïté, aucun compromis aujourd’hui. Ils ne pourront pas se dissimuler derrière les choix d’une ONU qui, de toute façon, a toujours été asservi aux intérêts jusqu’au-boutistes des puissants de ce monde.

Cette guerre ne peut pas être réfutée seulement en paroles. Elle doit être combattue, désertée, boycottée et sabotée. Et pour cela, aujourd’hui, l’USI préconise une grande grève générale et un antimilitarisme d’action et de lutte, diffus et vaste.

Préparons-nous à arrêter réellement cette guerre !

Le 28 novembre 2002

Le secrétariat de l’USI-AIT (Unione Sindacale Italiana — Association internationale des travailleurs)





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