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Et vive la confusion !

Le jeudi 19 février 2004.

« La deuxième maladie de ce pays, après le sexisme, c’est le racisme. Et pourquoi pas un féminisme avec l’islam [1]. »

Depuis 68, la chute du mur de Berlin et la disparition du marxisme en temps que modèle de transformation et d’organisation sociale, le discours des tenants du pouvoir, qu’il soit politique, culturel ou économique, nous assomme du même slogan : « La fin des idéologies ».

Or, depuis toujours les interventions militantes pour la liberté se sont dressées contre les pouvoirs dominants et plus particulièrement contre les sources de ces pouvoirs.

Depuis toujours les actions militantes se sont situées dans un cadre idéologique et plus particulièrement dans celui de la lutte des classes.

Lutter contre les capitalistes était et reste avant tout une lutte contre « le capitalisme ».

Lutter contre les prisons était et reste avant tout une lutte contre l’État et le système économique inégalitaire.

Lutter contre les guerres était et reste avant tout une lutte contre toutes les armées et l’État qui en est la cause.

Lutter pour l’égalité des sexes était et reste avant tout une lutte contre les religions qui fondent la morale des hommes et des femmes…

Aujourd’hui, de nombreuses luttes ne saisissent plus que la partie émergée de l’iceberg et se passionnent pour le « jour le jour », « la solution au présent », le « cataplasme sur la jambe de bois ».

Il n’est pas dans notre propos de dire que ces formes d’interventions : Ligue des droits de l’homme, Médecins du monde, Restos du cœur ou Handicap International par exemple, sont inutiles. Nous disons simplement qu’elles se positionnent une fois pour toute dans le système politique et économique du moment et qu’à ce titre, elles perdureront indéfiniment sur le dos des malheureux de ce monde.

Au-delà et à partir de ces réflexions, nous pouvons poser la question du voile et prendre une position à la mesure de nos engagements idéologiques.

Ou bien nous souscrivons à l’article de Sylvie Tissot paru dans Le Monde libertaire du 5 février et nous acceptons le voile au nom du féminisme dont l’auteure se revendique. Nous faisons alors objectivement cause commune avec les religieux.

Ou bien nous considérons, à la lumière de notre expérience et aussi de la réflexion de nos penseurs et militants/tes, que les religions sont à la source du patriarcat. Qu’elles sont les moules où se forgent les valeurs de rejet et de supériorité de l’homme sur la femme.

Nous privilégions alors une lutte ferme et radicale contre toutes les religions.

Il est bien évident que cette dernière approche ne prend pas en compte le statut de quelques jeunes filles comme il est bien évident que nous ne nous positionnerons pas sur une loi imbécile.

L’idéologie dont nous nous revendiquons nous donne des repères rigoureux. Nos outils respectent l’Humain et savent s’attaquer à la racine des maux dont souffrent les femmes et les hommes.

Alors, restons anarchistes tout bonnement en développant une forte campagne antireligieuse. C’est le meilleur service que nous pourrions rendre aux jeunes filles « manipulées ». C’est ce que nous devons donner aux femmes d’ici et d’ailleurs qui subissent dans leur chair la violence patriarcale issue des dogmes religieux.

Groupe Henry-Poulaille


[1Christine Delphy, chercheuse au CNRS, directrice de la revue Nouvelles Questions féministes et coprésidente de la Fondation Copernic.





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