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Jour de solidarité ou travail obligatoire ?

Le jeudi 13 mai 2004.

Le parlement s’est penché ces derniers jours sur le projet de loi sur la solidarité en faveur des personnes âgées et handicapées.

Et pour ne pas se fâcher avec les amateurs de corridas, de processions religieuses, de concours de pétanque et, pourquoi pas, de fête de LO, le gouvernement Raffarin III a fait accepter un amendement qui ne fixe pas obligatoirement le jour de solidarité : le fameux lundi de Pentecôte.

Dans le privé, ce sont des accords de branche ou d’entreprise qui fixeront cette journée de travail supplémentaire. Dans le public, au sein de chaque administration, ce sera aux commissions techniques paritaires de déterminer ce « jour de solidarité » ; pour l’enseignement, ce sera sans doute au niveau du rectorat. Que ce soit dans le public ou dans le privé, en cas d’absence d’accord, ce sera le lundi de la Pentecôte qui sautera.

Le montant collecté venant des cotisations patronales ou de l’État serait estimé à 2 milliards d’euros par an et sera versé à la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie, dont la création est prévue dans le projet de loi.

Les professions libérales (médecins, avocats, notaires, huissiers), artisans, agriculteurs, soit près de 2 millions de personnes, elles, sont, sauf erreur, exemptées.

Serait-ce parce que cette arnaque d’un jour de travail obligatoire avait été une idée proposée avant l’été caniculaire par les socialistes Mme Lebranchu et M. Fabius, que l’opposition n’est guère montée au combat parlementaire ? Ainsi les rangs de l’Assemblée nationale ont été singulièrement vides pendant les travaux d’amendements. En matinée du jeudi 6 mai, vingt-sept députés ont décidé, légiféré et amendé le projet de loi imposant une journée de travail gratuit aux salariés !

Sur le compte rendu des débats mis en ligne sur le site de l’Assemblée, on peut lire : « À la majorité de 18 voix contre 9 sur 27 votants et 27 suffrages exprimés, les amendements 37 et 58 ne sont pas adoptés. » Vingt-sept présents sur plus de cinq cent soixante-dix-sept députés censés représenter la population.

Il n’y a pas à dire les députés ont bien compris que « le travail tue, le travail paie, le temps s’achète au supermarché, le temps payé ne revient plus ». Mais nous aussi nous pouvons chanter les derniers vers de La vie s’écoule, la vie s’enfuit 1de Raoul Vaneigem.

« Plus de dirigeants, plus d’État pour profiter de nos combats. »

Jimma


1. La chanson « La vie s’écoule, la vie s’enfuit » est interprétée par Utgé-Royo dans le CD Contrechants de ma mémoire disponible à Publico.


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