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Lecture

« Arsène Lupin : un caractère sur le divan »

Le jeudi 12 février 1998.

Gérard Guasch est médecin psychosomaticien, psychanalyste, analyste reichien et libertaire. Il habite Mexico depuis 1982.

Lorsqu’il résidait en France, il a fondé l’École reichienne de Paris et l’Institut Wilhem Reich. Il est le concepteur de l’analyse reichienne, une thérapie psychanalytique, corporelle, émotionnelle, respectueuse de l’individu et prenant en compte les données socio-économiques.

C’est dans cet esprit qu’il allonge Arsène Lupin sur le divan. Au début, nous avons l’impression d’aborder une critique littéraire classique. Peu à peu, sans que nous y prenions garde, le ton change. Nous voyons grandir avec un troublant réalisme notre sympathique petit Lupin. Les premiers larcins se produisent.

La vérité historique est rigoureusement respectée. Nous en arrivons à ne plus très bien savoir où nous en sommes. Nous avons le sentiment que le gentleman cambrioleur a réellement existé. Sa vie se mêle à celle de ses contemporains. Il rencontre Freud, à Vienne, et entreprend une psychanalyse avec lui. Malheureusement, un incident entre le thérapeute et son patient met fin à cette utile entreprise.

Gérard Guasch ne s’arrête pas là. Toujours à Vienne, il suit Lupin jusque dans le cabinet de Wilhem Reich. S’ensuit une nouvelle analyse, qui permet à l’auteur de nous offrir sur un plateau un superbe diagnostique de l’insupportable Arsène. Nous laisserons au lecteur le soin de le découvrir par lui-même.

Maurice Leblanc, le « père » d’Arsène Lupin, s’est, dit-on, inspiré d’Alexandre Jacob pour créer son personnage. D’où la question habituelle, pour tous les exégètes de la « lupinographie », Arsène était-il anarchiste ? Gérard Guasch nous donne son sentiment, à l’issue d’un débat contradictoire net et sans appel. Lupin pourrait-il dire comme Jacques Lacan, dans son Séminaire XVII, « L’Envers », en 1969 : « Je ne suis ni libertaire, ni anar, ni contestataire, ni progressiste »…

Les effets miroir de ce beau livre sont tellement séduisants et vertigineux que nous en venons à nous poser cette question : Arsène Lupin n’aurait-il pas pris une identité de plus, en utilisant le pseudonyme de Gérard Guasch, pour faire encore une fois parler de lui ?

Jacques Lesage de La Haye


Arsène Lupin : un caractère sur le divan, Gérard Guasch, éd. L’Harmattan. 168 p., 90 FF. En vente à la librairie du Monde libertaire.





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