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Rennes

Qui sème la haine récolte la colère

Le jeudi 12 février 1998.

Pour la venue de Bruno Mégret à Rennes le 24 janvier, plus de 5 000 personnes se sont mobilisées pour dénoncer et refuser la montée du fascisme. En Bretagne, cette mobilisation est primordiale car le Front national y fait des scores électoraux peu élevés, mais il montre une volonté farouche de s’y implanter en multipliant les interventions publiques et en braillant encore et encore sa haine de l’étranger.

Toute la gauche dans la rue ?

De la gauche à l’extrême gauche en passant par leurs associations satellites du style SOS-racisme et les syndicats, tous ont appelé à descendre dans la rue (même le MRG), en tentant d’écarter les anarchistes de l’organisation de la manifestation. Sans doute les trouvent-ils trop présents sur le terrain en ce moment, notamment autour du mouvement des chômeurs et précaires.

Pourtant, à part SOS-racisme qui a mobilisé beaucoup de lycéens, la plupart de ces partis politiques, PS et Verts en tête, brillaient par leur absence dans la rue.

Une police complice

Le cortège se caractérisait par son esprit joyeux et festif, mais aussi ferme et déterminé ; en tous cas sans agressivité ni volonté de violence. Pourtant tout a dégénéré dès que la tête de la manifestation s’est heurtée au cordon de CRS qui barrait l’accès au meeting du FN (qui soit dit en passant n’a rassemblé que 80 notables locaux). Un commissaire de police ceint d’une écharpe tricolore a ostensiblement provoqué les manifestants et ordonné la charge des CRS. Tout s’est alors passé très vite, la manifestation s’est retrouvée noyée sous un déluge de lacrymos et la police a procédé au « nettoyage » de la place en arrêtant au passage cinq ou six jeunes.

Loin de désarmer, les manifestants se sont regroupés et ont continué à dénoncer le FN et la police complice, ainsi qu’à manifester dans les rues de Rennes avec la même volonté et tout autant d’entrain. Quelques heures plus tard, la manifestation s’est terminée par un rassemblement… devant l’hôtel de police pour exiger la libération des manifestants arrêtés. Ceux-ci ont été jugés en saisine directe dès le lundi suivant et condamnés à des peines avec sursis.

Le bilan de cette manifestation est largement positif, d’une part du fait de la mobilisation de la population et aussi d’autre part par le comportement des manifestants, qui n’ont pas cédé aux provocations de la police. Il n’y a pas eu de casse en ville au grand désappointement de la presse et autres médias.

Les anarchistes, en dehors de leur capacité à mobiliser sur ce terrain (SCALP, Ras l’Front, FA, CNT ont pris la tête de la manif) peuvent faire deux constatations. D’abord, comme prévu, la gauche et les Verts sont dans l’incapacité de mobiliser quelque force que ce soit pour faire face au FN et la population rennaise l’a bien compris. Ensuite, nous assistons à cette logique policière qui veut absolument transformer les manifestants en délinquants en leur attribuant une violence qui n’est du fait que de la police elle-même. On peut assister à ce même phénomène lors des évacuations brutales des chômeurs et des précaires occupant les ASSEDIC et autres lieux.

F.D.
groupe La Commune (Rennes)





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