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3e coordination des collectifs des chômeurs, précaires et solidaires

Une Rencontre en demi-teinte

Le jeudi 4 juin 1998.

Les 9, 10 et 11 mai, à Évreux, se sont tenues les troisièmes rencontres de la coordination des collectifs indépendants de chômeurs, précaires et solidaires. Après Nantes et Strasbourg, douze collectifs sur les 75 plus ou moins impliqués dans cette coordination se sont retrouvés pour échanger leurs bilans, leurs positions — souvent très diverses — concernant les revendications issues de luttes de décembre 1997 et janvier 1998, et envisager l’avenir d’un mouvement qui, s’il semble vouloir s’inscrire dans la durée, souffre pour l’instant d’une faible mobilisation des principaux intéressés — les chômeurs et les précaires — et d’une coordination encore trop balbutiante.

Face à des organisations comme AC !, les participants se sont entendus sur l’idée que le mouvement devait rester indépendant et favoriser l’action plutôt que la recherche d’une représentativité en vue d’un fauteuil de négociateur, de partenaire social.

Toutes et tous sont unanimes sur la nécessaire indépendance de la coordination des collectifs qui la composent à l’égard de toute organisation politique ou syndicale.

Les débats concernant la structuration de la coordination révélèrent une grande diversité d’opinion. Difficile en effet que s’entendent ceux qui ne voient d’intérêt à cette coordination que le débat et ceux qui attendent qu’elle se structure pour donner plus d’efficacité à la lutte et une plus grande cohérence au mouvement.

Les quatrièmes rencontres qui devraient se tenir en juillet dans la région de Montpellier devraient éclaircir la situation.

Trois mois d’existence et trois rencontres ont permi de défricher le terrain, de faire connaissance. Il serait souhaitable maintenant d’avancer, de construire. La coordination est-elle assez mure pour cela ? En a-t-elle la volonté ?

Reste qu’il règne sur cette coordination la détermination de celles et ceux qui la composent. Sur ce terrain, les collectifs indépendants ont été souvent plus présents en nombre et en ingéniosité qu’AC ! ou la CGT au plus fort des occupations.

Malgré le silence médiatique, le mouvement continue mais se cherche, tiraillé entre des revendications certes réformistes (mais le relèvement des minima sociaux, le RMI pour les moins de 25 ans, etc. ne sont pas rien quand on se débrouille avec 0 à 2 500 FF par mois), des aspirations nettement révolutionnaires et libertaires, le souci d’autonomie et l’envie de se structurer.

Des idées d’actions communes et d’organisation de ce qui n’est encore qu’un réseau ont été sérieusement évoqué à Evreux. Cette coordination prend son temps elle ne souhaite pas confondre unité et uniformité. Elle a raison. Si elle s’en donne les moyens, elle est en mesure de peser dans une lutte qui ne fait que commencer.

À Evreux, le comité contre le chômage et la précarité « Grains de Pollen » est prié par le maire communiste de quitter ses locaux. Il risque de n’être pas seul à vouloir les préserver, et ça aussi ça compte.

Un mouvement naît, la solidarité s’organise, l’envie de passer les frontières du possible est là. Cette coordination est un espoir. Les prochaines rencontres seront, souhaitons-le, le début d’une nouvelle étape dans la grande marche au changement vers une société de femmes et d’hommes libres et fraternels.

Bruno et Sylvie
groupe d’Evreux


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