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101 : gratuit des images indépendantes

Le jeudi 12 juin 1997.

101 pour faire la nique au centenaire (du cinéma), parce que franchement c’était triste, non ? Comme du rien, pire que l’involution des années 80.
J.-M. Manach


Le numéro 3 de 101 est sorti, une performance compte tenu des moyens de ce mensuel de seize pages qui put voir le jour grâce à une bourse défi jeune accordée à Jean-Marc Manach : jeune vidéaste indépendant, auteur de Human Bomb, il participera à la création de la revue l’Armateur tout en organisant des projections mensuelles à Confluences : « …il faut créer un agenda gratuit qui puisse être disponible plus facilement. C’est ainsi que le spectateur pourra circuler car s’il reste figé face à une forme donnée, ni lui ni la forme ne bougent… », ainsi annonçait-il son projet dans le Monde libertaire (n°1051) en septembre 1996.

Entouré d’une équipe de collaborateurs vidéastes et (ou) cinéastes impliqués dans la diffusion indépendante, il bataille durant sept mois, et le premier avril le premier numéro peut sortir : « Le cinéma n’est pas réductible à ses normes, 101 n’est pas une revue de cinéma expérimental ou underground, on y parlera aussi de ce qui se trame à l’intérieur du circuit traditionnel… Nous revendiquons juste ce nouveau statut de spectateur ; […] nous venons d’horizons différents, sans nous retrouver sur une quelconque position esthétique ou économique commune ; […] nous tenterons d’appliquer à l’écrit ce que nous vivons aujourd’hui de nos situations de spectateurs, programmateurs, cinéastes, vidéastes, artistes etc., de rompre avec les consensus lénifiants et réducteurs qui empêchent la création d’être perçue au delà de stéréotypes […] » (éditorial)

101 se caractérise en effet par son refus du sectarisme, ce qui n’exclut pas des choix esthétiques : l’agenda, la toile, annonce aussi bien les sorties de films d’auteur que les soirées expérimentales de Scratch, les projections dans les galeries, dans les cafés, les installations vidéo, les télévisions de quartier, les conférences, les expositions, sans oublier la programmation de la cinémathèque ou de la vidéothèque. La « revue de presse » mentionne La lettre du cinéma à côté de feuilles à diffusion confidentielle comme Le hors-champ hurle. On peut lire Maria Koleva, Marcel Hanoun, mais aussi des interviews de Dominique Païni, le directeur de la cinémathèque, ou du critique André S. Labarthe. La partie rédactionnelle occupe une place beaucoup plus importante que dans les autres gratuits : articles théoriques sur le trash, l’accès public, la caméra stylo et l’HI8, critique « transversale » (analyse thématique de films d’horizons différents), paroles données à des réalisateurs censurés, des producteurs étouffés, remarquable étude, l’œil qui rêve sur l’anthologie des textes du grand jeu sur le cinéma, réunie par Alain et Odette Virmaux, réflexion sur le mouvement des réalisateurs pour les sans papiers.

Les textes de Blick, to be continued et le feuilleton multimédia donnent une dimension poétique à cette revue-journal-agenda-gratuit, dont la mise en page triptyque permet une lecture à trois vitesses : bande du haut pour un survol de l’actualité (lecture rapide), bande médiane pour les articles de fond, bande du bas pour l’esthétique et les billets d’humeur.

Michèle Rollin





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