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École normale supérieure de Lyon en grève

Tous ensemble contre la précarité

Le jeudi 16 octobre 1997.

Le collectif contre la précarité de l’ENS Lyon a organisé une journée de grève le 7 octobre. Et ce fut une réussite : la grève a été suivie par 353 personnes dont près de 80 employés administratifs, techniques, enseignants, chercheurs et plus de la moitié des élèves de l’école. Ce collectif contre la précarité a été créé dans la foulée de la grève du 6 mars dans la fonction publique ; il s’est d’abord donné les moyens de recenser tout le personnel précaire de l’ENS. Ainsi, il y a aujourd’hui 33 personnes en contrat précaire sur l’ENS, à cela il faut ajouter 8 objecteurs qui assurent la comptabilité de la bibliothèque, la gestion informatique d’un laboratoire de biologie ; et il faudrait encore préciser que, dès la création de cette école, il y a dix ans, la cantine, le nettoyage, le chauffage ont été sous-traités à des sociétés privées… Il faut rapprocher ce chiffre des 80 employé(e)s techniques et administratifs de l’école.

Les principales revendications de ce collectif sont la création des postes nécessaires pour résorber la précarité, la titularisation sur ces postes des personnes aujourd’hui en poste et l’engagement de la direction à ne plus licencier. La direction n’est pas exempte de reproches : ainsi il y a deux ans, les contrats précaires signalaient que l’employé(e) s’engageait à ne pas demander l’allocation chômage ; régulièrement, des employé(e)s sont licencié(e)s car, leur dit-on, ils ne sont pas assez diplômé(e)s, et ceci même s’ils sont là depuis sept ans !

Tout cela se rajoute à l’insécurité économique et sociale, aux pressions inacceptables des chefs de service pour rester en dehors du collectif, au refus de faciliter la formation à laquelle ces personnes ont droit pour passer des concours.

Toutes les demandes du collectif ont été refusées par la direction ; il paraît que le collectif ne représente rien puisqu’il n’est pas élu au Conseil d’administration… Il faut savoir que le Conseil d’administration de l’école ne donne aucun moyen d’agir aux employés de l’école : la moitié du conseil est extérieure à l’école, et la voix du président (directeur chez Rhône-Meirieux) compte double ! La direction a même refusé la plus petite des revendications : l’organisation d’une réunion précaires, chefs de service, direction pour mettre à plat les problèmes… Devant ces attitudes, le collectif a donc décidé d’organiser cette grève.

L’après-midi de cette journée de grève, le collectif a organisé un débat auquel étaient invités des responsables (coupables) politiques, des syndicalistes (FSU, FEN, CGT). Seul le PCF a daigné déléguer une élue qui a refusé d’assumer la co-responsabilité de cette gestion. L’intervention la plus intéressante fut celle d’une syndicaliste FSU, employée administrative à l’Université Lyon 2. Elle a décrit les multiples contrats précaires dans l’Éducation nationale, a signalé qu’en moyenne 30 % du personnel administratif et technique de l’enseignement supérieur sont des précaires !

De ce débat, il est ressorti que les réformes de l’université allouant plus de fonds propres aux UFR (unités de formation), laboratoire… allaient encore développer la précarité ; l’État désembauchera des fonctionnaires et les universités fonctionneront avec des précaires payés sur ces fonds propres. Il a été aussi évoqué de faire des actions avec d’autres établissements puisque partout il y a des précaires… Par exemple, à l’université de Saint-Étienne, il y a aussi un début de lutte… À suivre donc.

K.O.


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