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En vrac

Le jeudi 29 mai 2003.

Son dernier disque date de 1999 (Le Bal du malheur), et beaucoup doivent se demander ce que devient Claude Astier, auteur-compositeur-interprète que la presse salua un temps comme le Paganini de la rue, le Landru du violon, le Fantômas du café-théâtre (quand il taquinait volontiers le morbide, sur scène et en chansons). Qu’on se réveille ! car le gaillard revient avec un nouvel album intitulé Les Gens sont devenus oufs. Comme sur le précédent, Claude Astier partage ses chansons avec les Frères Sakarine, dont l’accompagnement souffle sur les mélodies un joli vent tsigane. Une richesse musicale qui époustoufle, notamment sur le titre Je digère pas les frites, chaloupant brillamment entre sonorités du Maghreb, rythmes country et ambiance balloche. Côté textes, c’est toujours une poésie mêlant l’absurde, le cocasse et le bizarre, avec quelques grosses gouttes de vitriol qui visent, grosso modo, les conformistes de tout poil. Aussi, rien de bien surprenant à l’entendre interpréter le titre d’un autre agité du verbe, à savoir Rêve de comptoir, de Gilbert Lafaille. D’autre part, on remarquera que Claude Astier ne crache toujours pas sur la bibine, la grande majorité des chansons évoquant, avec des délices certains, des délires volontiers éthyliques dont je me suis personnellement régalé (entre gourmets du goulot, on se comprend). À écouter entre poteaux avec quelques bonnes bouteilles.

Claude Astier & les Frères Sakarine, Les gens sont devenus oufs, éditions Mezcaline, distribué par les Productions spéciales, BP 12, 94363 Bry-sur-Marne, prodspec _chez_ club-internet.fr

Le truc street punk oï semble décidément connaître ces derniers temps une véritable renaissance (« revival » en langage branché). Le groupe Attentat sonore, de Limoges, en apporte une nouvelle manifestation dans son premier album 25 cm intitulé Social Headache. Sans énorme surprise mais plutôt bien fichu, avec notamment un chant mixte féminin-masculin qui affirme davantage le choc du punk sans trop céder au poids de la oï, si l’on me permet de paraphraser le slogan d’un célèbre magazine d’investigations. Pour situer les influences, Attentat sonore reprend No uturns des Partisans, fameux groupe street punk anglais. Des mélodies simples, accrocheuses et efficaces donc, qui s’harmonisent plutôt bien avec des textes plongés en plein registre social, où dominent les douleurs et les révoltes de la classe ouvrière sans pour autant tomber dans la glorification des « working-class heroes ». Pas mal du tout ! En revanche, la pochette…

9 euros port compris chez Do It Yourself, BP 135, 87004 Limoges cedex 1, http://membres.lycos.fr/attentat

Les Jeunes Libertaires de Toulouse organisent un camping anarchiste qui se déroulera du 30 juillet au 3 août prochain, avec en continuité de celui-ci, le camping de la CNT-AIT. Des débats sont prévus, mais les thématiques seront discutées sur place et en commun de façon à intéresser tout le monde. À titre d’information, on notera les thèmes déjà discutés lors de précédents débats : l’éducation libertaire, l’antifascisme et la lutte de classes, qu’est-ce qu’une révolution libertaire ? l’internationalisme, le militantisme, l’anti-électoralisme, etc. Pour ce qui est du fonctionnement du camping, l’autogestion sera de mise avec la prise en commun de toutes les décisions relatives à l’intendance et à l’organisation des tâches. Le tarif sera de 3 euros par jour et par personne pour couvrir les frais de la location du site (pour les repas, une tambouille commune est prévue, dans les 2,50 euros par personne). À noter qu’on sera libre d’apporter son grain de sel aux loisirs, genre musique, chansons, jeux, etc. Y’aura de la place pour s’amuser ! (et se baigner aussi, apparemment). Pour tout contact (avant la fin du mois de juin) :

Jeunes Libertaires, 7, rue Saint-Rémesy, 31000 Toulouse, 05 61 52 86 48 (répondeur), et possibilité de rencontrer les « gentils organisateurs » au local (rue Saint-Rémesy) chaque samedi entre 14 h et 18 h.

Un long article de Carla Rice, paru initialement dans la revue Canadian Woman Studies/Les Cahiers de la Femme canadienne en juillet 1994 (et désormais traduit sous le titre « Des territoires occupés : nos corps ») constitue l’ossature d’une chouette brochure intitulée Ton corps est un champ de bataille. C’est précisément l’idée centrale de cette publication, selon laquelle le corps féminin, « devenu le champ de bataille privilégié des puissances économiques, sociales et politiques », est par conséquent appréhendé par les femmes comme une source de conflits intérieurs. Régimes, cures d’amaigrissement, chirurgie esthétique, autant de tortures que les femmes s’infligent elles-mêmes pour atteindre un certain idéal de beauté, avec des conséquences tragiques comme les troubles alimentaires (anorexie et boulimie), les séquelles physiques, voire la mort accidentelle due à une opération chirurgicale ratée, ou encore le suicide de celles qui ne supportent plus leur corps, ressenti comme une honte, un échec, etc.

Si la propagande patriarcale, qui dessine un idéal féminin stéréotypé, a des effets incalculables, le texte de Carla Rice permet d’en connaître certains tenants et aboutissants. Il est jalonné d’approches personnelles où les rédactrices évoquent, avec toute l’émotion que l’on peut imaginer, les errances de leur douloureuse relation avec leur corps.

1,52 euro (+ quelques timbres pour le port) à Ma Colère, éditions, Aline, c/o La Lénodière, 30, rue René-Leynaud, 69001 Lyon.

André Sulfide





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