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En Vrac

Le jeudi 3 avril 2003.

Quelque part dans les mers du Sud, la collision de deux navires transportant respectivement une importante cargaison de bières et un non moins important stock d’aspirine provoque une terrible catastrophe écologique et transforme un pauvre gamin naufragé, seul rescapé du désastre, en… Supermurgeman ! Ainsi débutent les incroyables aventures de notre gaillard, lequel se découvre bientôt des super-pouvoirs grâce à la source de bière qui miraculeusement coule sur l’île où il a trouvé refuge. Absurde, improbable et hilarant, le mythe de Supermurgeman s’édifie sur une succession de tableaux où le super-héros devra en découdre avec (tenez-vous bien) : Etron-Man (je vous passe les détails), le redoutable catcheur Zomba, le terrible Bernard Menez (si !), Footix (la mascotte de l’équipe de France de football), Jean Lefèvre, Pépito (le représentant des biscuits du même nom), l’Agence tout risque, les personnages de la rue Sésame, et j’en passe.

Mathsap, l’auteur de cette bande dessinée construite dans le plus pur style des années quarante, reprend et détourne tous les poncifs du genre, que ce soit dans les dialogues ou dans le graphisme. Le tout avec de constants décalages qui m’ont, je dois le dire, bien fait rire. Petite préférence pour l’épisode où Mupermurgeman est frappé d’un étrange sortilège qui le transforme peu à peu en personnage de bédé underground… Comment s’en sortira-t-il ?

Supermurgeman, édité par les Requins marteaux (les mêmes qui ont publié Monsieur Ferraille, dont je vous recommande également la lecture), 10,50 euros dans toutes les bonnes crémeries.

On peut facilement se laisser tromper par un titre d’album. Odio al imperio (ode à l’empire) par exemple, le dernier CD de Sin Dios. Une ode ? un brûlot, oui ! Et un nouveau jalon dans le parcours de ce fameux groupe anarchopunk madrilène, marqué par une fidélité sans failles aux convictions libertaires qui inspirent Sin Dios depuis de nombreuses années. On retrouve avec plaisir cette zique punk brûlante, cette rage volontiers mélodieuse, comme on retrouve de vieux amis, comme on renoue le fil d’un échange qui ne s’est jamais vraiment interrompu.

La constance de Sin Dios se révèle partout, à la fois dans la musique, mais aussi dans la production, toujours aussi soignée. Le disque est en fait un véritable petit livre d’une bonne centaine de pages, où les paroles des chansons côtoient de longs textes de réflexion sur différents problèmes et sujets nourrissant la révolte du groupe. Comme quoi un bête CD peut facilement devenir un bel objet. En revanche, soyez prévenu : la chose est entièrement écrite en espagnol, donc… hay que comprender. C’est produit par La Idea, qui est aussi un distributeur et une boutique alternative à Madrid, animé par devinez qui ? les décidément infatigables gars de Sin Dios ! Des anarchistes intraitables, j’vous dis !

Sin Dios Odio al imperio (La Idea / Potencial Hardcore), disponible dans les bons catalogues deVPC, à coup sûr dans celui de Maloka (BP 536, 21014 Dijon cedex).

C’est pas tout jeune mais ça m’est tombé dans les mains récemment, un mini-bouquin édité par la micro-maison Treize Étrange : Les Petites choses de la vie de Nicolas Poupon. Une succession de tableaux — courts textes avec des illustration en regard — qui ne sont pas à proprement parler des histoires, mais plutôt des observations sur la volonté parfois dérisoire qu’ont les hommes de trouver un peu de bonheur à travers un océan de merde. En voici une : « Harold considérait sa maladie comme un luxe. En ces temps impies où fleurissaient chaque jour de nouveaux fléaux sans histoire ni passé, il savoura son cancer jusqu’à la dernière minute ». Atroce, féroce et drôle.

Treize Étrange et très actif avec pas mal d’autres titres au catalogue, dont notamment la Cosmogonie Macroqa, un polar de looser assez drôle lui aussi, écrit par Francis Mizio et illustré par Olivier Balez. Catalogue disponible sur simple demande chez Treize Étrange, 7, rue Houdart-de-Lamotte, 75015 Paris. Site web : 13etrange.com

Issu des réflexions autant collectives qu’individuelles du Collectif des résistances et des alternatives, KOntrOff est « le contre officiel du spectacle politique ». C’est plus prosaïquement un petit fanzine d’une vingtaine de pages dont le premier numéro, paru ce mois-ci, donne à la fois des informations sur les rendez-vous militants des prochaines semaines (en reprenant notamment les dates parues dans Tohu Bohu, une autre feuille d’infos, éditée par les mêmes activistes d’ailleurs), mais aussi des réflexions sur certaines initiatives locales de résistance au capitalisme (cinéma alternatif et lieu associatif repris en main par une asso de quartier, coopérative de diffusion et de distribution indépendante, etc.), ou sur des problématiques plus globales (énergies, sécuritaire, etc.).

J’en profite pour rappeler que du 25 avril au 11 mai prochain aura lieu la troisième édition du Festival des résistances et des alternatives de Paris (Frap). Un peu de lecture pour faire connaissance et préparer la rencontre, en somme.

KOntrOff, disponible à prix libre je ne sais où (le contact n’est pas indiqué, à part le mail de Tohu Bohu : tohubohu@altern.org, qui transmettra ?).





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