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Non à la casse du service public d’éducation !

Le jeudi 27 novembre 2003.

La réforme de l’Université initiée par Ferry a provoqué une certaine agitation sur les campus. En conséquence de quoi le ministre a repoussé son projet sine die. Mais méfions-nous : il change souvent d’avis.



En cette année scolaire 2003-2004, le gouvernement de droite Raffarin poursuit la logique de destruction et de privatisation du service public d’éducation entamée par le gouvernement de gauche Jospin.

Au lycée, la décentralisation, et l’explosion de la précarité dans l’Éducation nationale produit de manière de plus en plus visible ses effets dévastateurs : baisse de l’encadrement, suppressions de matières. En parallèle, le montant du fonds social lycéen a été réduit de moitié.

Dans les universités, la réforme « L/M/D et ECTS » supprimant de fait la reconnaissance nationale des Deug et maîtrise (bac + 2 et bac +4) et instituant un système de crédit individualisant le diplôme, permet non seulement l’entrée en masse des entreprises dans le service public d’éducation avec ses logiques (possibilité de recrutement sélectif par les jurys sauce DRH, rentabilité au détriment de la recherche fondamentale et de la culture, précarité des personnels).

Précaire ou servile

Autre perspective, des formations « profilées » à une entreprise cassant toute garantie collective en terme de salaire : on substitue la compétence (un parcours à la carte sanctionné par des « crédits ») acquise individuellement et la négociation salariale individuelle (quelques gagnant.e.s mais surtout beaucoup de perdant.e.s) à la qualification (un niveau universitaire) qui garantie un salaire minimum à travers les conventions collectives issues des rapports de force syndicaux. Or dans le contrat, si les salarié.e.s ne s’organisent pas collectivement et n’ont pas de garanties collective, c’est le ou la patron.ne qui est gagnant.e à tous les coups en pouvant jouer les salaires à la baisse. Cette individualisation par crédit amenuise également les possibilités de reconversion en cas de licenciement.

Parallèlement, la réforme implique la hausse des droits d’inscriptions (+ 10 % à + 20 % et ce n’est pas fini), la hausse du ticket de RU. Tout converge pour cantonner l’Université à la reproduction sociale, ce qui la caractérisait déjà tristement : les personnes issues des classes populaires, sauf rares exceptions brandies comme un arbre pour cacher la forêt, sont peu nombreuses à atteindre les niveaux bac + 3, et quand elles le font c’est au prix d’années de travail précaire et mal payé, entraînant des redoublements à répétition. On passe d’une Université qui était déjà de classe à une Université d’élite.

Seule la lutte paye

Face à cette situation, seule la lutte peut nous permettre d’inverser la tendance. Une lutte organisée démocratiquement, avec des assemblées générales souveraines pratiquant s’il est besoin le mandatement impératif et révocable, le contrôle permanent des mandatés. Dans la rue, en occupant la fac ou les lieux du pouvoir, nous pouvons faire face. En prenant nos distances avec les politiciens qui retournent opportunément leur veste. L’Unef, dirigée par la gauche socialiste, s’est bien gardée de condamner le plan U3 M et la réforme Lang qui ont mis en place ces coups bas. Il faut dire qu’à l’époque, la gauche était au gouvernement. Les mouvements lycéens et étudiants successifs depuis 98 (98, 99, sur Lyon 2, Bordeaux III, Montpellier, etc.) ont été brisés par les politicien.ne.s, jusqu’à ce que la droite revienne au pouvoir pour qu’à son dernier congrès l’Unef retourne sa veste. Même s’il vaut mieux tard que jamais, le rappel de ces quelques données, permet de se méfier des mauvais coups éventuels…

Anarchistes, nous souhaitons construire un service public d’éducation, libre et gratuit, assurant l’accès à tou.te.s aux savoirs, libéré de l’ingérence des entreprises et de l’État, géré par les usager.e.s et les travailleur.euse.s. Salarié.e.s, élèves, usager.e.s, l’École, c’est notre pognon, gérons-la sans État ni patron.ne.

Groupe Durruti, FA Lyon





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