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Nouvelles des fronts

Le jeudi 4 mars 2004.

Espagne, utilisation sans scrupule d’armes de destruction massive au profit du capital : les délocalisations. Après avoir « profité » des délocalisations industrielles, l’Espagne à son tour est touchée par une violente hémorragie d’emplois. Ainsi, Bayer, le chimiste, a mis la clé sous la porte, Samsung ferme son usine catalane et a supprimé 450 emplois ; d’autres se réorganisent (Valéo, Philips) et liquident 1 200 salariés. Rien que de très naturel au fond, les heureux gagnants du partage des richesses à la sauce Medef international sont, ces jours derniers, les camarades de l’Est, en particulier en Slovaquie, où les travailleurs sont qualifiés, peu payés et pas (encore) très organisés. Quand ces derniers seront plus gourmands, il est probable qu’à leur tour ils seront privés d’usine.

Ainsi, le patronat met en place sciemment la ronde des délocalisations. La mélodie est simple, je crée ou j’entretiens la misère dans un lieu, j’implante une usine, je profite des aides locales et des bas salaires, je ferme ailleurs où se recrée de la misère en vue d’une prochaine implantation subventionnée dans un secteur où de nouveau les travailleurs se plient à la logique des salaires de crève-la-faim. Au bout de quinze ans, après maintes rotations, je reviens à la case départ, où la misère et le chômage ont fait leur œuvre et où le travail servile apparaît en libérateur. Ce jeu n’est pas à somme nulle, il est pour le coup gagnant-gagnant (toujours le capital), petit salaire, travail qualifié, main-d’œuvre soumise par peur de la prochaine valse.

À ce rythme, le capital a de beaux jours devant lui ! La même musique, qu’on se rassure, se joue aussi aux États-Unis : le Michigan, haut lieu de la production automobile (Ford) et du syndicalisme ouvrier connaît un taux de chômage de 7,2 % du fait des délocalisations (chiffre énorme pour les États-Unis, vu le mode de quantification).

Il paraît même que les démocrates se seraient émus devant ces « pratiques antipatriotiques » et souhaiteraient pour certains d’entre eux que les Etats-Unis (jusqu’où va la démagogie ?) quitte l’OMC et l’ALENA.

Idem dans l’Hexagone où les restructurations vont bon train. Finie la douceur angevine, Bosch se prépare, au dire de la CGT et de la CFDT, à supprimer, d’ici à 2005, 500 emplois. On ne connaît pas encore le nom des heureux héritiers, ni le pays émergeant bénéficiaire de la manœuvre. Peut-être ne s’agit-il que de simples suppressions liées à des gains de productivité. Pourquoi voir le mal partout ? L’avenir nous le dira. À Agen, un gros noyau dans le pruneau : liquidation de 200 emplois dans une verrerie vieille de quatre-vingts ans, on ne fait pas de profit sans casser du verre ! Enfin, les nouvelles sont bonnes car, pendant les soldes, les délocalisations continuent, faute de combat, on prend ce qui reste.

Hugues, groupe Pierre-Besnard





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