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éditorial du n° 1100

Le jeudi 13 novembre 1997.

Sé-cu-ri-té ! Le mot est lâché depuis quelques temps dans les rangs du gouvernement Jospin, et le moins que l’on puisse dire, c’est que la politique qui en découle n’est sûrement pas pour déplaire à ceux qui veulent un État fort, voire fascisant. Dans ces colonnes, nous avions déjà parlé des réformes de la police, de la gendarmerie. Dans le style « on en rajoute une couche » voilà maintenant l’Éducation nationale. Nous avions déjà une première esquisse d’un plan anti-violence avec Bayrou et les syndicats s’étaient quelque peu « émus ». Là, avec Allègre, c’est la continuité dans le changement. Avec moult chiffres à l’appui, puisque le ministère de l’éducation avait demandé une enquête sur 4 mois (décembre 1996 à mars 1997), notre bon ministre nous sort de son chapeau un plan dont les nouveautés sont d’une part, l’« acquisition » de 20 000 emploi-jeunes. Après les aides-éducateurs, voilà les aides-à-la-sécurité. Risible ! Avec ce nouvel arrivage, c’est sûr, l’Éducation nationale va être le premier pourvoyeur de ces emplois. Et d’autre part, la réintroduction de la morale civique, républicaine et démocratique de surcroît ! C’est pas de la violence, ça ? Et ce n’est qu’un début. Car la deuxième phase dudit plan pourra avoir lieu en décembre 1998. Un an pour faire des sanctuaires ! Nous ne sommes pas encore revenus de nos surprises !

Mais ce qui est intéressant, c’est de voir que les collèges sont les établissements les plus touchés : plus ils sont jeunes, plus ils sont violents, ces gamins. 66 377 victimes, 66 170 agresseurs. Mais ce qui est à remarquer, ce sont surtout les violences verbales qui priment dans cette enquête. La haine de ce qui les entoure, leur environnement quotidien, leurs difficultés scolaires, leur écartèlement culturel les a endurcis très tôt. Et à force de voir leur famille victime de la violence économique et sociale due au chômage, à la précarisation des individus, à l’exploitation dans leur travail, à la course au faciès dans les banlieues par la police, il y a de quoi être violent ! Mais vouloir « fermer la gueule d’une population » de prolétaires, d’ouvriers, d’immigrés, ça c’est la politique du gouvernement « socialiste ». Qui devra toujours compter sur les anarchistes pour dénoncer ces saloperies !


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