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Les Propos du Martien

octobre 1954.

Il vient de se tenir à Rome un Congrès démographique mondial qui a fait le point de la façon suivante : en 1980, la population du globe comptera 3 milliards 600 millions d’habitants, soit un milliard deux cents millions de plus qu’actuellement. telle fut du moins la conclusion de Mrs Irene Traeuber, docteur en médecine, déléguée américaine.

On sait que la populaion mondiale a doublé pendant les cent dernières années, phénomène qui n’avait jamais été constaté antérieurement. Or, si la prophétie ci-dessus est exacte, il suffirait de vingt-six ans pour l’accroitre maintenant d’une quantité égale à son accroissement pendant ler dernier demi-siècle - ou à peu de chose près.

Ce qu’il faut souligner, c’est que nos savants démographes ont eu l’air de trouver cela très bien. Ils ont certes déclaré que les pouvoirs publics devaient aviser en conséquence, mais sans estimer - au contraire ! - que cette multiplication humaine fut un danger.

Les savants catholiques ont eu soin de rester dans la ligne du « Croissez et multipliez » proclamé par l’Église et le Vatican ; quant au délégué soviétique, le professeur Pisarev, il a « réaffirmé son opposition aux pratiques malthusiennes ».

Le professeur Pisarev, tout comme ses confrères d’Occident et d’Amérique estime que la population n’est pas trop nombreuse ; qu’on peut sans péril l’accroitre sans mesure ; et que le problème, si problème il y a, doit être résolu « par l’organisation de la production et la juste répartition des matières premières entre les pays ».

Bref, il ne s’agit pas de restreindre l’afflux de population, mais de trouver à celle-ci, outre l’espace vital, de quoi la nourrir. Contre l’idée de procréer jusqu’à la gauche. Ils veulent que la population décuple, centuple, foisonne ! Pour eux, jamais trop de monde aux guichets du percepteur, aux conseils de révision, ni aux processions quel qu’en soit le patronage profane ou sacré, religieux ou politique.

En résumé, il s’est tenu à Rome, au Congrès démographique, par la bouche des antimalthusiens américains ou soviétiques, un langage que Mussolini n’eut pas désavoué à l’époque où il trônait dans la même ville.

Pierre-Valentin Berthier





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