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éditorial du n° 1321

Le jeudi 22 mai 2003.

Craquera ? Craquera pas ? La trahison prévisible de la CFDT et de la CGC ne nous a en rien surpris. Nous pensions même qu’ils signeraient avant la journée du 13 mai. L’attitude des autres confédérations syndicales est des plus ambiguës. L’appel à la grève de la semaine dernière a connu des résultats historiques — plus de 67 % de cheminots ont débrayé, du jamais vu depuis 1979 ! La rue a exprimé très largement la colère de nombreux secteurs touchés non seulement par la mise à mort des retraites mais également par la casse des services publics, le chômage et la précarité.

Trop forte, cette mobilisation ! Les centrales, inquiètes d’être dépassées, usent de vieilles ficelles en ramenant à la « raison » les camarades syndiqués qui appellent à la reconduction illimitée et entreprennent même de constituer des comités de grève. Ou encore en renvoyant le mouvement au 25 mai. Ben voyons ! Des fois que les salariés soient stupides et dociles ou se fatiguent et s’essoufflent. Ils auraient ainsi droit à une belle messe d’enterrement social de première classe le dimanche 25. Les bonzes syndicalistes au ventre mou entérineront ainsi la mise à mort des régimes de retraite actuels et géreront les fonds de pension avec le Medef. Il est un fait que la visite du patron cégétiste Thibault invité au congrès du PS avalise la politique économique précédente, toute semblable à celle pratiquée par la droite. Soulignons seulement son sourire et sa poignée de main avec les coprolithes socialistes. La crédibilité et l’avenir des centrales sont décidément suspendus à un fil ténu.

De son côté, Raffarin a beau prétendre « surveiller l’agitation » tel un père Fouettard ; il ne contribue qu’à souffler sur des braises entretenues par l’arrogance du baron Seillière. De même, la répression et la criminalisation des militants sociaux n’engendrent pas non plus les meilleurs sentiments d’apaisement. Pareils comportements des valets de l’État, des capitalistes et leurs pompiers syndicalistes devraient faire d’eux à terme, d’excellents agents révolutionnaires. Au minimum, souhaitons que ce printemps chaud se transforme en douche froide pour le priapisme chiraquien.

Il est de plus en plus évident que les exploités de toutes conditions n’ont rien de juste à attendre de l’engeance citée plus haut. Les anarchistes encouragent donc au contrôle du mouvement et à sa radicalisation par ses propres acteurs. C’est la seule garantie pour toutes et tous de l’emporter sur le mauvais sort qu’on nous réserve. La richesse existe, il faut se la réapproprier. Il est urgent et nécessaire de se débarrasser des rapaces capitalistes et de leur protecteur étatique. Tout est à nous ! Rien n’est à eux !





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