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éditorial du n° 1354

Le jeudi 8 avril 2004.

Mascarade et chaises tournantes, les dernières élections nous ont montré un beau numéro de saltimbanques. Chacun des leaders d’opinions a spéculé sur l’interprétation à donner au vote des électeurs. Chacun a la sienne qu’il essaye d’imposer comme étant la réalité.

Derrière cela se trouve la « real politik », celle qui fait que les élus représentent des intérêts différents de ceux de leurs électeurs : les grandes puissances financières imposent leurs intérêts particuliers, antinomiques de ceux qu’ils exploitent et dominent en tant qu’intérêt soi-disant général.

Le remaniement ministériel a vu la plupart des anciens ministres du gouvernement, que les électeurs sont censés avoir sanctionné, retrouver une place dans l’équipe gouvernementale dirigée par les mêmes individus. À les entendre, les électeurs ne se sont pas retournés vers la gauche pour exprimer leur rejet de voir les acquis sociaux, arrachés à la bourgeoisie par les générations précédentes, partir en miettes. Non plus parce qu’ils refusent que les services au public, indispensables à toute forme de société civilisée, soient vendus aux plus offrants. Ni parce que les revenus du capital sont de plus en plus protégés au détriment des revenus de ceux qu’ils appellent « la France d’en bas ». Non, ce serait parce que les réformes indispensables à la prospérité du système capitaliste n’ont pas été réalisées assez vite. La protection sociale, les retraites, les assurances chômage, les services au public, expressions de la solidarité de tous, peuvent se transformer en pompe à fric entre les mains des spéculateurs et des profiteurs. La cohésion sociale, chère au président qui nous coûte cher n’est qu’une supercherie masquant un ordre social qu’ils veulent rendre immuable. De même que l’Angleterre et les États-Unis ont crapuleusement envahi l’Irak en racontant des fables pour se légitimer, nos gouvernants nous racontent des sornettes plutôt que de nous dire clairement qu’une fois mis en place par les électeurs, ils n’ont plus rien à foutre de ce que ceux-ci peuvent penser de leur action gouvernementale. L’opinion publique n’est qu’une composante médiatique qu’ils savent manipuler, cela est la base de leur profession. Contrairement à d’autres métiers, la politicaillerie n’a aucun principe d’éthique, on ne trouve pas chez eux cet amour de la vérité qui constitue bien la moitié de toute doctrine morale. La crainte des changements et l’inertie de la pensée qui forment le facteur principal de la conservation des règles sociales établies, est un obstacle que nous devons surmonter pour que vive la révolution.


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