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L’Humanité du spectacle

Le jeudi 29 avril 2004.

« Dans le monde réellement renversé, le vrai est un moment du faux. »
G. Debord



À la lecture du numéro du centenaire publié par L’Humanité, on est d’abord agacé par la publicité gigantesque de la quatrième de couverture, « Groupe TF1, les chaînes de toutes les humanités ». Puis par la pauvreté et l’inconsistance du texte. Bientôt ce sont les images qui retiennent l’attention, et on se faufile entre les événements, sans enthousiasme mais avec quelques belles rencontres qui peuvent faire oublier un instant la somme investie dans cette publication. Mais, dans un second temps, l’agacement laisse la place à la révolte. Car une fois refermé, le journal laisse l’impression d’un concentré de spectaculaire marchand ; façonné de main de maître par l’esprit publicitaire. Les pages d’annonceurs sont légion, et pas vraiment alternatives ou associatives, le nucléaire côtoie les produits cosmétiques, les alcools s’acoquinent avec les groupes de la grande distribution. Mais l’industrie automobile remporte la palme d’or, et cette seule publicité suffit à oblitérer l’ensemble du numéro.

Les usines Ford emballent une de leurs voitures dans L’Humanité sur fond blanc et titrent : « Nous avons toujours été pour de grands mouvements populaires… Bon centenaire à L’Humanité. »

Exerçons notre esprit critique :
« George Burt, membre des Travailleurs unis de l’automobile, participa à la grève de Ford à Windsor en 1945 : à l’époque, le taux horaire chez Ford était de 0,75 $ de l’heure. C’était moins que le salaire payé par General Motors et 0,10 $ de moins que chez Chrysler. En plus, certaines pratiques chez Ford étaient vraiment déplorables. On embauchait à un salaire de 0,75 $ de l’heure, puis six mois plus tard, les ouvriers avaient droit à une augmentation de 0,10 $. Ainsi, la compagnie gardait les travailleurs pendant six mois pour ensuite les mettre à pied et les réengager à 0,75 $. Cette pratique n’était pas très bien reçue. De plus, la compagnie ne payait pas d’heures supplémentaires dans aucune de ses usines [1]. »

Cela se passe de commentaires ! Hormis celui-ci : semaine antipub du 23 au 29 avril 2004 !

Monsieur Frédéric


[1We stand Together : First-hand accounts of Dramatic Events in Canada’s Labour Past, Gloria Montero (Toronto, James Lorimer & Company, 1979).





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