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Expulsion et violences policières à Saint-Ouen

Le jeudi 24 juin 2004.

Mi-mai, au 4, rue Jules-Verne, le plafond de l’immeuble du fond de la cour s’effondre. Le 28 mai, le maire de Saint-Ouen signe un arrêté de péril du bâtiment, et ordonne l’évacuation.

Le 8 juin, sept familles et six célibataires d’origine africaine sont expulsés. Trois arrestations ont lieu lors de l’intervention. Si un militant a passé la nuit au commissariat, un des habitant expulsé, après avoir passé deux nuits au poste, a été condamné en comparution immédiate à 800 euros d’amende.

Les familles n’ont obtenu des services sociaux que cinq nuits d’hôtel et à partir du 14 juin n’avaient plus aucune solution. Les habitants et les personnes évacuées ont demandés à rencontrer la Sous-Préfecture et la Mairie. Ils n’ont pas été reçus et ont été chassés du centre d’action sociale où ils demandaient simplement à être reçus par un responsable.

N’ayant pas de solution pour la nuit, ils ont alors décidés de se rassembler pacifiquement en fin de journée devant la mairie. Vers 0 h 30, les forces de l’ordre chargeaient dans un climat de violence inouïe : plus de 11 personnes ont été arrêtés et plusieurs ont été frappées violemment, dont une femme enceinte, alors que les personnes rassemblées n’ont à aucun moment fait preuve de la moindre agressivité. Deux victimes de cette brutalité ont écopé d’arrêts de travail de huit jours. Une mère de famille a eu le pied cassé.

À leur demande de dialogue, le préfet expédie systématiquement la police, et la mairie a déclaré refuser de leur parler.

Depuis le 15 juin, des vigiles sont à l’entrée de chaque établissement public : mairie, centre de santé, PMI, et interdisent l’entrée de ces bâtiments aux personnes domiciliés au 4, rue Jules Verne.

Depuis cinq ans, le Dal demande à la mairie de Saint-Ouen et à la préfecture d’engager un processus de relogement des familles. Rien n’a été fait alors que celles-ci sont intégrées au quartier, que leurs enfants sont scolarisés. L’accès au logement social leur est refusé. La majorité des familles ont des ressources leur permettant de payer un loyer décent et souhaitent accéder à un logement correct. Si elles ont réquisitionné cet immeuble insalubre en 1999, c’est qu’elles n’avaient pas d’autre solution pour se loger. Beaucoup d’enfants sont victimes du saturnisme. Dans le privé, les propriétaires demandent des garants que les familles n’ont pas et les commissions du 1 % patronal refusent leurs dossiers parce qu’elles ne peuvent fournir de quittances de loyer.

Si le logement est au centre du problème, nous assistons à une dérive dangereuse de la part de la municipalité qui fuit ses responsabilités, nie tout droit aux personnes de se soigner et de bénéficier de l’aide sociale à l’enfance, en bloquant les dossiers d’instruction.

L’aspiration à vivre sous un toit est légitime et on ne peut accepter que des familles entières se retrouvent à la rue sans solutions.

Dans sa lettre adressée à tous les habitants de Saint-Ouen suite à l’expulsion du 8 juin, la maire Jacqueline Rouillon nous apprend qu’« une société HLM privée va acquérir les deux immeubles du 4, rue Jules-Verne ». L’opération devant intervenir à brève échéance, l’avenir de ces habitants est pour le moins préoccupant.

À Saint-Ouen, dans le même quartier, des logements appartenant à la ville sont vides depuis plus de six ans. Un comité de vigilance regroupant des personnalités est en cours de constitution afin d’accélérer le relogement des familles et d’éviter toutes nouvelles expulsions dans les semaines à venir.

Claudius


Pour tout renseignement et pour nous soutenir : Droit au logement Saint-Ouen.

Permanences : salle Cipriani, 38, bd Jean-Jaurés, Saint-Ouen, (neuf cube). Tous les 1ers jeudis de 18 heures à 20 heures et les 3es samedis de 10 heures à midi. Contact : dalsaintouen@altern.org, 06 18 28 13 86 ou 06 67 00 30 78.





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