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Quand l’autruche éternue…

c’est toute la jungle qui s’enrhume
Le jeudi 17 juin 2004.

Un peu de sérieux

« Tout ne se passe pas dans le secret du cabinet présidentiel. Les débats sérieux ont lieu devant l’Assemblée nationale. » Juppé, garçon sérieux.

Dans le secret du cabinet on fait quoi ? On déconne, ben tiens. On décompresse en se tapant des litres de Corona. Bon, des fois, vers trois heures du mat’ ça dérape : Jacques sort ses blagues salaces sur le couple Sarko, moi je menace de balancer tout le monde aux juges, et Raffy se tape une crise de larmes. Alors Bernadette nous vire. Faut la comprendre, elle veut dormir.

Un peu de proche

« Je me sens moins proche de ceux qui veulent être quelqu’un que de ceux qui veulent faire quelque chose ». Raffarin, candidat à rien.

Dans la troisième catégorie on trouve ceux qui veulent n’être rien, et ne rien faire non plus. Ce sont en général des gens fort sympathiques, autrement moins dangereux que ceux qui, parce qu’ils font des choses, finissent par se prendre pour quelqu’un.

Un peu de grève

« La grève générale, je n’y crois pas. On sent que ça pousse au niveau de la base, mais ça ne va jamais loin. » Florian Alma, de la CGT.

Quand ça pousse un peu fort au « niveau de la base », on demande aux camarades de sagement rentrer regarder le film sur Canal +. Si jamais ça pousse toujours, le service d’ordre de la CGT se charge de disperser les troupes. En cassant, au passage, quelques gueules d’anars.

Un peu de spéléologie

« Avec mon ami Alain [Juppé], nous avons connu dans la vie des sommets et des vallées. » Helmut Khol.

Et jamais de trous, de gouffres, de grottes, de précipices ?

Un peu de Robert

« La présidentielle ne m’obsède pas. Je ne crois pas qu’elle me revienne de droit. » Strauss-Khan.

Comme dit Robert du bistrot il commence bien, le Dominique : deux phrases, deux mensonges. Robert, c’est pas un expert en politologie, mais il sait lire. Ça lui suffit.

Un peu de tous les jours

« Commerçants, artisans, professions libérales, c’est nous les forces vives du pays, nous qui travaillons tous les jours, tous les jours, tous les jours ! ». Patrick Gaubert, UMP.

Ah bah oui mais la différence, c’est que vous, le travail, vous aimez ça… Nous, forces molles de la nation, ce serait de bon cœur qu’on vous laisserait tout le boulot. Mais faut croûter, c’est le problème. En réalité le problème il tient en quelques mots : le travail, vous l’aimez surtout quand c’est les autres qui bossent pour vous.

Un peu de Bachelot

« La Turquie en Europe ? Et pourquoi pas l’Afghanistan ? ». Roselyne Bachelot, UMP.

On pensait qu’une fois virée prestement du gouvernement la Roselyne allait disparaître dans les oubliettes encombrées des ministres fantoches. Un fada de l’UMP a eu la bonne idée de la sortir de là et de lui proposer une tête de liste je sais plus où. Le Bachelot circus reprend la route, franchement, moi, ça m’arrange. « Et pourquoi par l’Afghanistan ? ». Ah ! ah ! Mais qu’elle est clown…

Un peu de silence, s’il-vous-plaît

« C’est vrai que cette campagne paraît bien silencieuse, même si nous ne cessons de parler. » François Hollande.

Il suffit pas de parler beaucoup pour que les autres vous écoutent. Surtout quand on a rien à dire. Si la diarrhée verbale autorisait le succès, Sarkozy serait président et Jean-Marie Bigard ministre de la culture. Improbable schéma : il paraîtrait que Bigard vise lui aussi l’Élysée.

Fredo Ladrisse


sources : France Inter, Libération, Le Parisien





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