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éditorial du n° 1368

Le jeudi 23 septembre 2004.

Avec un peu d’esprit franchouillard, on pourrait penser que rien que l’appellation Syndicat des Travailleurs Corses est un paradoxe à lui tout seul. Les particularités insulaires, les spécificités culturelles de la Corse, toutes respectables qu’elles soient, nous laissent parfois rêveurs, tout humour mise à part, dans le conflit actuel opposant la SNCM et le STC. Peu importe à priori que ce dernier soit minoritaire dans l’entreprise, il est combatif. Là où le doute s’installe, c’est à l’examen du contenu des revendications. Faire de la corsitude une prime à l’embauche, c’est plus que douteux. Les revendications nationalistes, c’est la loi du sang. On n’est jamais très loin de l’absurdité et du totalitarisme le plus pitoyable. Comment se définit une nationalité ? Par son nom ? Par sa naissance ? Ses deuxième ou troisième générations précédentes ? Sa poitrine creuse et ses pieds plats ? Attention camarades, j’en connais qui en sont presque à parler d’épuration ethnique.

Mais, autant le jacobinisme a pu commettre des fautes et des erreurs politiques, envers la Corse depuis des siècles, autant la réaction nationaliste envers la puissance coloniale, comme ils disent, n’a plus désormais aucun sens. Qu’on le veuille ou non, le développement économique tout relatif de cette région est le fruit de l’injection massive de capitaux français. On peut le regretter mais pas refaire l’histoire. en outre, utiliser le levier syndical n’est qu’un moyen pour les nationalistes corses d’asseoir leur pouvoir et asservir ceux qui auraient eu la « malchance » d’être né avec les yeux bleus et les cheveux blonds par exemple. Une organisation spécifiquement régionale peut avoir un intérêt social, pourquoi pas, on peut même encourager sa création, nous parlons bien d’union locales ou régionales chez nous, mais sans structures fédéralistes, sans ouvertures, sans regards chez l’autre et sans confrontation d’idées et de pratiques, elles seraient inexorablement condamnées à disparaître ou être étouffées par un repli identitaire.

Bosson de luxe pour les uns, potion amère pour les autres, Perrier permet à la multinationale Nestlé d’illustrer une fois de plus sa politique anti-sociale. Perdre gros en vendant de l’eau minérale. Allez donc expliquer ça aux Somaliens et aux populations du Darfour. Et puis pour délocaliser une source : bonjour la prouesse technique. Un gazoduc pour les bulles et un tuyau pour l’eau. j’ai bien envie de vendre mon idée au MEDEF. Avec les sous, j’irai en vacance en Corse.


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