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SDF : chronique d’une hypocrisie

L’Égalité pas la charité !

Le jeudi 11 décembre 1997.

Les grands froids hivernaux ont fini par gagner l’hexagone. Cette météorologie somme toute attendue, quand il s’agit d’un mois de décembre européen, va déclencher un réflexe non moins attendu : la compassion envers les plus démunis.

D’un coup, d’un seul, l’hypocrisie aidant tout naturellement, un certain nombre de discours relayés par quelques gestes aux conséquences bien timorées, au regard de l’ampleur et de la profondeur de la misère, vont s’attacher à montrer que, face à cette dernière, face à la rudesse des conditions de vie que rencontrent les « SDF » et autres exclus sociaux, « ON » se préoccupe, « ON » s’active, « ON » se mobilise… et « ON » agit....

Ce « ON » décline symboliquement l’hypocrisie institutionnalisée. Les organisations « humanitaires » et « bienfaitrices », toutes ointes ici bas des meilleures intentions, dégoulineront de compassion vis à vis des pauvres, des errants, des sans-le-toit, des sans-le-sou, des sans-l’couvert…

Les organisations caritatives, nous explique-t-on, font dans « la solidarité » ! En fait elles thélétonnent à grand renfort de médias et culpabilisent ainsi le pékin moyen tout en relayant (partiellement bien entendu) l’incurie de l’État et du Capitalisme face aux conséquences de la misère qu’ils engendrent sur toute la surface de la planète.

Des repas chauds vont être servis, des stations de métro vont rester ouvertes, des couvertures seront distribuées, des églises (peut-être car les sans-papiers n’ont pas toujours rencontré cet élan de « générosité ») se feront accueillantes, le temps d’un coup de gel…

La misère, l’État et le capitalisme l’organisent !

Mais, entendons-nous bien ! Il ne s’agit pas ici de solidarité… Tout juste s’agit-il d’une mise en scène annuelle de la bonne conscience judéo-chrétienne, prête à se mettre en marche quand les effets réunis et dévastateurs de la politique d’aliénation étatique et de l’exploitation capitaliste se font sentir avec trop d’insistance et de dureté.

Ne faut-il pas réaffirmer, avec une certaine insistance, que si le froid est rude (et quelques fois même mortel) et si la faim et l’absence de confort (doux euphémismes) sont difficiles à supporter, il n’en demeure pas moins vrai que les conditions de vie qui sont faites à des femmes et des hommes totalement démunis ne sont pas le fruit du hasard, mais l’exacte conséquence de la politique d’exploitation et l’une des manifestations spectaculaires des inégalités sociétaires.

Même parés des vertus humanitaires, des intentions libérales et des oripeaux démocratiques, les États actuels génèrent et favorisent la misère, l’exclusion (et le racisme) pour le plus grand bien des intérêts particuliers des possédants, bien entendu !

Les « SDF » chassés, à l’approche de l’été, des centres des cités touristiques (Perpignan, Nice, La Rochelle… pour en signaler quelques-unes gérées par des édiles du centre, de droite ou de… gauche), redeviennent, le temps d’un frimas, des êtres humains, dignes d’un peu d’attention (même si d’aucuns les considèrent comme des sous-hommes, le restant de l’année)…

Les anarchistes n’ont pas de leçon à donner ! Aussi, nous ne nous rangeons pas sous la bannière de la « morale » quand nous nous élevons contre les conditions et contre la violence faites à des hommes par d’autres hommes, au nom de systèmes iniques et totalement anti-humains.

C’est un souci éthique qui nous guide quand nous nous révoltons contre la traduction objective de l’Injustice sociale. Celle-ci est économiquement, socialement et politiquement pensée, voulue, mise en œuvre et entretenue par les nantis et les gens de pouvoir. Elle l’est d’autant plus facilement que cela se produit dans une certaine indifférence, voire le silence complice d’un trop grand nombre de gens. Pour un avenir solidaire

Il devient urgent de s’attaquer aux racines de la misère et aux véritables causes qui produisent cette vie au rabais.

Les logements pour tous, les besoins physiologiques, sociaux et culturels satisfaits dans leur totalité, le partage réel, solidaire et égalitaire des fruits de la gestion et de la production sociétaire, ici (nationalement) et sous toutes les latitudes (internationalement), sont les axes de lutte concrets et immédiats sur lesquels nous vous appelons à vous mobiliser.

Il n’en reste pas moins que, la globalisation de ces luttes et leur fédération vers un but unique, l’avènement d’une société humaine, de justice, égalitaire et solidaire, sont les moyens les plus efficaces et les plus appropriés pour en finir avec le spectacle de la misère quotidienne et pour en finir une fois pour toute avec les systèmes qui s’en nourrissent.

Edward
groupe Puig Antich (Perpignan)





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