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éditorial du n° 1231

Le jeudi 8 février 2001.

Christian Estrosi, député RPR des Alpes-Maritimes a qualifié les bandes de jeunes qui se sont affrontés à la Défense de « nouveaux barbares ». Jacques Chirac trouve quant à lui que la responsabilité des parents est première. De brillants commentateurs politiques nous avance que puisque le chômage régresse, la violence sociale devrait normalement diminuer. Comme elle augmente (tous délits confondus, de l’infraction de la route à l’agression physique), il faut en tirer les conséquences, ces jeunes ont définitivement besoin d’être fliqués.

Jospin et son gouvernement décident alors de répondre aux angoisses des Français, des bons Français, ceux qui savent se tenir et courber la tête, et de créer 1000 postes de gardiens de la paix et 5 000 emplois-jeunes en fonction d’adjoint de sécurité.

Alors voilà, comme d’habitude, on règle le problème de la délinquance en enfermant les délinquants, en fliquant chaque jour davantage les populations des quartiers populaires, en accusant les parents. Mais on oublie toujours le principal : le chômage régresse proportionnellement à la hausse de la précarité, l’école a arrêté de faire figure d’ascenseur social, et les parents ne sont pas propriétaires de leurs enfants.

Les jeunes qui sont touchés par les mesures gouvernementales présentent en effet une double contrainte : ils sont souvent en difficulté scolaire, au chômage ou en précarité et ne représentent donc pas une population très intéressante puisqu’ils rapportent peu ont besoin d’aides sociales pour vivre. Ils pourraient être une cible passionnante pour les humanitaires de l’animation et autres grands cœurs sentant bon le chrétien de gauche. Mais contrairement à d’autres, ils ne sont pas assez dans la misère pour ne pas ouvrir leur gueule. Et ils ne sont pas assez stupides pour ne pas s’apercevoir que tout ce qu’on leur propose c’est du bidon. D’où la matraque à côté de la carotte. D’où la répression sans cesse accrue, et la violence en face qui se transforme mais qui garde ses racines. Et ce qui se passe aujourd’hui dans les quartiers périphériques populaires n’évite pas le reste de la ville. Si nous ne voulons pas de Big Brother, occupons nous de lui aujourd’hui, avant qu’il n’envahisse entièrement notre quotidien.


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