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Montpellier, 8 février

Soutien aux inculpés du CIRAD

Le jeudi 8 février 2001.

Le 8 février se déroule à Montpellier le procès de René Riesel (ex-secrétaire national de la Confédération paysanne, démissionnaire en mars 1999), de José Bové (porte-parole de ce même syndicat) et de Dominique Soulier (militant de la Confédération paysanne de l’Hérault).

Tous trois sont accusés d’avoir participé, en juin 1999, à la destruction de plants de riz transgénique expérimental appartenant au CIRAD (centre international pour la recherche en agronomie et le développement).

Cette action avait eu lieu dans le cadre du passage à Montpellier de la caravane intercontinentale initiée par le syndicat des paysan-ne-s indien-ne-s (le KRRS). À cette occasion, un certain nombre d’associations locales et d’individus s’étaient mobilisés.

Contrairement à la confédération paysanne qui rapproche fortement cet événement de ceux qui vont se dérouler les 15 et 16 février (procès contre J. Bové et des militants de la C. P suite au démontage d’un chantier de MacDo à Millau), le procès du 8 n’est pas simplement une action de dénonciation de la mondialisation imposée par les transnationales car il met en jeu la question majeure de la responsabilité des États, en tant que complices et piliers du capitalisme.

Qu’est-ce qui était visé à travers le sabotage d’un riz transgénique dans les locaux du CIRAD ?
La mise en accusation de la recherche publique comme complice des industriels ; la mainmise des gouvernants politiques et économiques sur la recherche, et de fait, sur nos vies ; le refus de cette soumission ; le droit de choisir quelles finalités on veut donner à la recherche, au progrès et quels moyens on se donne pour atteindre ces buts en matière d’environnement, de santé, de technique, de qualité de bouffe, de vie, en matière de liberté ?

Et c’est bien à cet endroit là qu’en tant qu’anarchistes, nous nous sentons plus proches de ce type d’action qui se démarque du discours réformiste.

Car si on en est là, c’est bien grâce aux États, qui ont légiféré, instauré des accords, financé un certain type de recherche. C’est bien l’État qui à travers ses chiens de garde a inculpé des militant-e-s et qui ne cessent de mater toute contestation (Prague, Nice, sans-papiers…). C’est bien l’État qui essaye aujourd’hui de grignoter les acquis sociaux gagnés par des luttes sociales passées sous couvert de « modernisation, d’adaptation et d’efficacité ». Qu’avons nous choisi ? RIEN.

Nous serons présents le 8 février par solidarité envers les militants qui subissent la répression policière étatique.
Nous y serons aussi pour dénoncer les solutions réformistes, cercueils de nos illusions, dire non à la logique du profit et revendiquer une société basée sur la recherche de la liberté s’appuyant sur la répartition équitable des ressources et la solidarité.

Groupe Un autre Futur (Montpellier)





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