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STMicroelectronics

La Lutte continue à Rennes

Le jeudi 15 avril 2004.

Il y a quelques semaines nous publiions dans Le Monde libertaire une interview d’un délégué syndical CFDT de la société ST Microelectronic. Il dénonçait l’économie de marché contrôlée par les bourses de New York, de Paris et de Milan, qui va foutre sur le carreau à la mi-avril plus d’une centaine d’intérimaires et 450 employés en CDI du site de Rennes. Aujourd’hui la lutte continue et les salariés de STM se sont regroupés dans une association : « Boulevard de la lutte »,nom avec lequel ils ont rebaptisé la rue de leur usine. Avec les salariés de Thomson, qui ont évité les licenciements de justesse, et leur comité de soutien, ils appellent tous les esprits libres à refuser le fatalisme qui consiste à nous faire croire que l’on ne peut rien faire contre les plans sociaux. Ils invitent le samedi 17 avril 2004 de 14 heures à 19 heures l’ensemble des salariés, des intérimaires et des précaires confrontés à des plans sociaux, avec leurs structures de luttes et leurs organisations syndicales, à se rencontrer pour fédérer leurs expériences et jeter les bases d’un grand mouvement contre ces barbaries sociales.

STMicroelectronic N.V. est une société hollandaise créée en 1987, à la pointe des technologies des semi-conducteurs. Elle est contrôlée par ST HoldingII, elle même filiale à 100 % de ST Holding détenue à 51 % par Finmecanica S.P.A., dont la plupart des membres du conseil d’administration sont nommés directement par le ministère des finances italiens, et à 49 % par FT1CI (groupement d’investisseurs français) dont France-Télécom et Areva (anciennement Cogema) sont les premiers contributeurs, à hauteur de 39 % du capital.

Autant dire que l’État français et l’État italien ont la majorité absolue des votes au sein des assemblées générales de cette entreprise très européenne. La société est plus que rentable, son bénéfice net a augmenté de 67 % en 2002 passant de 257 millions de dollars en 2001 à 429 millions de dollars en 2002. Il faut dire que cette augmentation résulte principalement de l’impact négatif en 2001 du poste « perte de valeur, coûts de restructuration et autres coûts de cessations d’activités » qui représentait 346 millions de dollars en 2001 contre 34 millions en 2002.

Pasquale Pistario, président, membre unique du directoire, a en 2002 touché plus de 770 000 dollars de salaire, sans compter un bonus de 685 000 dollars ; bonus dû probablement à la liquidation des sites de Rancho Bernardo aux États-Unis et d’Ottawa au Canada. Gageons que la fermeture de l’usine de Rennes rapporte à ce gestionnaire de fonds publics quelques centaines de milliers d’euros. Il affirme sur le site internet de l’entreprise, à la rubrique emplois : « Les gens de ST ne sont pas seulement notre plus important capital, ils sont notre avantage compétitif. La prospérité économique, le développement technologique, la protection de l’environnement et l’équité sociale sont liés entre eux. » Aujourd’hui les salariés de l’usine de Rennes, s’ils sont encore rentables ne génèrent plus assez de profit. Pasqualito et ses commanditaires Chirac et Berlusconi leur préfèrent les ingénieurs indiens et les trimards chinois. La Chine où la société veut construire une usine de composants.

Christophe Danis


Journée de lutte, de rencontres et de débats

Le samedi 17 avril 2004, salle de la Cité à Rennes.

À 12 heures, un couscous militant (sur réservation).

De 14 heures à 19 heures : échanges d’expériences des entreprises en lutte, état du droit social (Philippe Brun avocat au barreau de Reims), les projets du Medef et du gouvernement (invité ?), élaboration de la plate forme : appel, mobilisation.

À 19 heures : Spectacle « résistance » proposé par la compagnie Action Culture Entreprise (45 minutes).





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