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éditorial du n° 1309

Le jeudi 27 février 2003.

Quarante ans après leur avoir accordé un semblant d’indépendance politique, le gouvernement français a réuni la semaine dernière à Paris les gouverneurs de l’empire françafricain. Ce ramassis de dictateurs, génocidaires et autres tortionnaires sont venus se pavaner dans les palaces parisiens pour prêter allégeance à leur protecteur, qui, pour faire bonne mesure, a sermonné ceux dont les exactions trop visibles attirent la réprobation des opinons publiques internationales.

Pendant ce temps, l’Afrique est dévastée par les guerres, la misère et les épidémies. Les populations exploitées, les richesses naturelles pillées par les multinationales servent les intérêts des rois du marché mondial qui s’enrichissent en achetant à vil prix le café, le cacao, les minerais et autres produits, et en revendant au prix fort les moyens de production tels que les usines, les machines outils, etc. Sans compter les armes qui, en plus de constituer un marché très lucratif, entretiennent un chaos empêchant toute émancipation de ces peuples opprimés.

Bien sûr, dans la pure tradition coloniale, cette exploitation forcenée d’un continent asservi est cachée derrière une volonté affichée d’aider ces populations à accéder aux bienfaits de notre civilisation et de ses valeurs judéo-chrétiennes. De même le président des États-Unis d’Amérique du Nord, au nom du dieu vindicatif et vengeur qu’il s’est donné comme maître, cache les intérêts politiques et économiques de ceux qui l’emploient, derrière une lutte pour le triomphe du Bien. Il cache les motivations de la guerre que lui ont commandé les lobbies militaro-industriels et pétroliers, derrière une volonté de moralisation des rapports internationaux entre les États, ne tenant aucun compte des opinions publiques qui se lèvent sur les cinq continents pour soutenir ceux qu’il se prépare à assassiner. Au nord, au sud, à l’est, à l’ouest, ceux qui sont sensés être nos représentants se foutent de nos gueules et ne nous considèrent que comme des masses à leurs bottes, des pions sur un échiquier qu’ils manipulent à leur guise, sans se soucier des conséquences que leurs stratégies fumeuses nous font subir.

Nous, anarchistes, ne promettons aux autres ni un monde meilleur, ni des lendemains qui chantent. Nous désirons d’abord que les hommes apprennent à se connaitre eux mêmes, à comprendre leur situation sous le régime actuel du gouvernement mondial qui les asservit. Ce sont les conditions pour qu’il spuissent conquérir eux mêmes leur liberté, afin que nous puissions construire ensemble un monde sans dieu ni maitre.





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