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Tortillas réchauffées

Le jeudi 13 novembre 2003.

Le 26 octobre, les électeurs de la capitale espagnole étaient appellés aux urnes afin d’élire les représentants de la chambre qui gouverne la ville. Le scrutin s’est conclu par une nette victoire de la droite dure d’Aznar, dont le parti remporte la majorité absolue. Une occasion pour les groupes madrilènes de la Fédération anarchiste ibérique de dire ce qu’ils pensent cette élection.



Une fois de plus, la classe politique nous convoque pour des élections et, comme d’habitude, ils prétendent nous convaincre que notre vote est fondamental. Rien n’est plus éloigné de la réalité. Avec les derniers événements survenus cette année, ils nous ont démontré en de nombreuses occasions qu’ils ont seulement besoin de nous pour légitimer et perpétuer leur immonde et écœurant pouvoir.

Lorsqu’il y a eu le désastre du Prestige, la tragédie aurait pu être pire encore, s’il n’y avait eu la solidarité et l’appui spontané des gens qui se sont mis à nettoyer les plages. Si on avait attendu l’intervention de l’État, aujourd’hui, la côte serait un long ruban noir.

Quand le gouvernement d’Espagne s’est mis à la tête des lèche-culs de l’impérialisme yanquee pour occuper l’Irak, le peuple occupa les rues, manifestant son désaccord avec la guerre, participant à une grève générale que le gouvernement et les moyens de communication, ses laquais, taxèrent de minoritaire. Ils firent la sourde oreille et attaquèrent l’Irak. Quant à la mort de divers journalistes espagnols, le gouvernement d’Aznar ne considéra pas nécessaire de demander des explications aux assassins, comme le réclamait toute la société.

Avec la « fuite » de deux députés, on découvrit une filière mafieuse immobilière et les nombreuses sessions d’investigation et d’interrogatoires ne démontrèrent rien… Ou plutôt si : que tous ces gens ne sont pas dans la politique pour autre chose que pour leur propre bénéfice et pour faire prospérer leur commerce.

Ils sont tous tellement dans la merde qu’ils sont les premiers intéressés à ce que rien ne sorte à la lumière ; ils font seulement semblant et nous démontrent qu’ils ne représentent qu’eux mêmes et rien de plus.

Tous les jours, ils nous démontrent l’inefficacité du « système démocratique ». ils nous montrent que l’opinion du peuple ne les intéresse pas et que nous leur importons peu, comme le disent les groupes anarchistes depuis toujours. Et il semble que les événements nous donnent raison. Chaque jour, ils nous donnent davantage de raisons de ne pas aller voter.

Il nous est égal de savoir qui gagne les élections : les uns sont les continuateurs des mêmes politiques répressives, d’influences, autoritaires, antiprolétaires que les autres ont commencées. Mais nous avons une alternative : la démocratie directe, à laquelle tous et toutes avons la possibilité de participer dans tous et chacun des événements qui touchent notre vie, pour décider jour après jour. Ne pas déléguer à quelqu’un que nous ne connaissons pas ni qui ne nous connaît, qui pactisera avec celui ou celle qu’il voudra et qui fera avec notre vote ce qui lui semblera le meilleur pour ses propres intérêts, sans jamais plus nous consulter.

Nous ne voulons pas participer à ce système cruel, qui châtie les faibles et gratifie les hommes de pouvoir, et qui s’acharne toujours sur les plus vulnérables. Nous voulons décider de notre destin, nous voulons une société juste, égalitaire, sans privilèges pour personne. Nous proposons de s’organiser en associations, groupes anti-autoritaires qui luttent pour la liberté et la justice intégrale, pour notre dignité d’être humain, pour arracher au pouvoir les droits qu’il nous vole. Ne tombons pas dans le piège paternaliste qui fait croire que les idéologies se sont effondrées, que nous ne sommes pas capables de nous gouverner nous mêmes sans intermédiaires, que leur « système démocratique » est le meilleur (enfin, pour eux, il l’est, bien sûr). Les politiciens savent cela, mais souviens-t’en : nous n’avons pas besoin d’eux.

Pandora


Source : Tierra y libertad, octobre 2003


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