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Femmes à voile, femmes à poil

« Bas les voiles ! » de Chahdortt Djavann
Le jeudi 13 novembre 2003.

Le livre de Chahdortt Djavann Bas les voiles ! m’a poussé à vous livrer quelques réflexions nées de sa lecture.

Tout d’abord, les femmes sont enfermées sous le voile.

On pouvait s’en douter en voyant les cages ambulantes que sont les femmes afghanes. Leur corps est enfermé, privé de la lumière du jour et du regard des autres, cet autre qui nous établit en tant que sujet individuel par le regard, la rencontre et la reconnaissance de soi en l’autre. La femme voilée n’est plus un sujet.

Le voile est imposé aux filles et celles, qui par bravade et décervelage, le revendique en sont au même niveau que ceux qui se revendiquent des cailleras. Elles essayent d’assumer une image qu’on leur a collée.

Si elles le font vraiment par conviction, car il doit y en avoir, il faut qu’elles se rendent compte qu’elles sont des atteintes aux droits des femmes, qu’elles sont une injure à la liberté et qu’en agissant de la sorte, elles privent d’un espoir leurs sœurs qui, dans les pays musulmans et dans les cités, se battent contre l’imposition du voile.

Ce n’est pas pour rien que les islamistes français envoient des femmes en tant que représentantes de leur fond de commerce. Cela leur évite d’être traités de machiste et prouve une soi-disant ouverture d’esprit.

Des esclaves venant défendre leur esclavage. L’oncle Tom de l’islam.

Les femmes voilées choquent le regard, attirent l’attention. Ce qui doit être un moyen de les cacher (le voile) les rend visibles. En religion, cela veut dire qu’elles sont devenues femmes, c’est-à-dire qu’elles peuvent être mariées, avoir des enfants. Elles sont devenues des objets sexuels à négocier. Après avoir assuré la grandeur du père en restant chaste, elles assureront la grandeur du mari en se voilant et en faisant des enfants (masculins de préférence).

La femme voilée est un faire valoir de l’homme.

Tout comme le macho exhibe sa femme à demi nue (ou en rêve en achetant la voiture, les vêtements, le parfum qui la feront craquer, cette femme facile, frivole, sexy) le musulman exhibe sa femme voilée, soumise.

Les pauvres fillettes musulmanes subissent un véritable choc, un rite initiatique les privant de leur liberté de mouvement, liberté de corps.

Sur la plage, dans la rue, vous pouvez voir des gamines de 5, 7 ans jouer librement, en short, en maillot de bain, pieds nus. Puis, vient l’âge de raison, l’âge d’être femme. Alors finis les jeux, finies les joies et l’amitié. C’est de la cuisine, du ménage, d’élever les frères et sœurs et de se préparer pour son futur mari.

Les hommes musulmans sont dans une relation ambivalente avec le voile. C’est lui qui leur a retiré leur mère avec laquelle il ne pouvait pas avoir de contact physique et c’est lui qu’ils imposent à leur femme (substitut d’un amour maternel passé ?).

Pour l’anecdote, au Maroc, lors de mes dernières vacances, j’ai vu, dans un bus, une femme (enfin ce qui en restait sous les voiles, gants et autres tissus) avec son gamin qui pleurait et le mari, à côté, stoïque. Le mari n’a pas pris le gamin pour le calmer et la femme se démenait comme elle pouvait pour remettre toutes ses voilures que son enfant dérangeait dans son agitation. Pas de caresse, pas de consolation. Simplement ne pas être visible.

Si nous nous arrêtons sur le voile islamique, ce n’est pas que nous oublions les autres religions qui imposent autant de pratiques anti-femmes.

Simplement, en ce moment, le voile islamique et son entrée dans l’école sont utilisés par tous les religieux afin d’en finir avec la laïcité et l’athéisme.

Pour preuve, dans un débat sur la laïcité ne sont invités que des croyants qui décident à quelle sauce nous allons être mangés.

Les écoles, les piscines (et quoi bientôt encore) reviennent sur le principe de mixité et de coéducation et rétablissent les séparations garçons/filles.

Plus de 100 ans de luttes égalitaires et émancipatrices rayés d’un coup de plume.

Le livre de Chahdortt Djavann se termine par un appel à l’interdiction du voile pour les mineures. Cette position peut sembler discutable et intenable mais il faudra bien aller au contact de ces filles, leur expliquer qu’elles se trompent, leur donner les moyens de se sortir de leurs prisons ; et aux contacts de ces hommes qui s’enferment dans des rôles de dominants, perdant ainsi tout les plaisirs de l’amour librement consenti.

Une dernière chose. Ce n’est pas parce qu’on est maghrébin que l’on est musulman, ce n’est pas parce qu’on est arabe qu’on fait le ramadan.

D’ailleurs, près d’un quart des Marocains ne font pas le ramadan. Plus de la moitié des arabes français ne font pas le ramadan.

Il est temps de le revendiquer et de stopper l’hypocrisie, mère de toutes les croyances et de tous les sectarismes.

Fred, groupe Proudhon, Besançon





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