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Nouvelles des fronts

Le jeudi 5 février 2004.

Internationale : (pas la nôtre, celle de la collaboration de classe qui, il faut bien l’avouer à ce jour, fonctionne mieux que la glorieuse AIT). Le BIT (Bureau international du travail) confirme un nouveau record du monde du chômage en 2003 avec 185,5 millions de recordmen soit 6,2 % de la population mondiale. Ceci selon le mode de comptage et les critères très politiquement libéraux du BIT, il convient donc de multiplier ce chiffre record par 2, voire 3, voire davantage encore. Les jeunes entre 15 et 24 ans sont ceux qui participent le plus à cette performance collective. Qu’ils en soient félicités !

Géographiquement parlant, le chômage toucherait, toujours selon les mêmes indicateurs douteux, 6,8 % des actifs des pays industrialisés, 8 % en Amérique dite latine, 9,2 % des pays de l’ex-bloc « soviétique », 10,9 % en Afrique subsaharienne. On le constate, malgré ce nouveau record avoué, ces chiffres sont largement sous-évalués.

Il suffit pour s’en convaincre de les comparer simplement avec les chiffres hexagonaux que l’on sait déjà très optimistes et qui dissimulent souvent une réalité du chômage beaucoup plus importante. Les radiés de l’ANPE peuvent en témoigner. D’autant que, revenons pour cela dans la douce France, cher pays de mon aisance (citation du Baron), ces quantifications excluent ce qu’on appelle aujourd’hui les working poor ou, en patois local, les travailleurs pauvres. Ces derniers et plus souvent encore ces dernières, selon les chiffres les plus récents repris par les plus éminents spécialistes, seraient en permanente croissance depuis dix ans. Ainsi, M. Maruani, dans un article récent [1], affirme que « depuis le début des années 80, les bas salaires sont en pleine expansion : ils concernaient 11,4 % des salarié.e.s en 1983, 15,7 % en 1990, 16,6 % en 2001. Quant aux très bas salaires (73 % du SMIC), leur croissance a été encore plus rapide : ils représentaient 5 % de l’ensemble des salarié.e.s en 1983, contre 9 % en 2001 ». Qu’ajouter à ces chiffres qui parlent d’eux-mêmes ? Peut-être simplement que la France d’en haut se porte de mieux en mieux, mais nous le savions déjà depuis longtemps, 1981, peut-être ? Toutefois, et c’est sans doute la meilleure leçon à en tirer, de tels chiffres devraient donner à réfléchir à ceux et celles qui croient encore au sens de l’Histoire et à la fable du progrès continu des sociétés.

Hugues, groupe Pierre Besnard


[1Voir Problème économique, n° 2833, novembre 2003.





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