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Le Lycée autogéré renaitra de ses cendres…

Le jeudi 20 mai 2004.

Le LAP, expérience pédagogique non-hiérarchique victime d’un incendie en avril, se bat pour éviter une fermeture définitive.



« Le Lycée autogéré de Paris a été victime d’un incendie mardi 6 avril au matin. Depuis cette date, cet établissement ne peut plus fonctionner dans ses locaux, situés au 393, rue de Vaugirard dans le 15e arrondissement de Paris. »

C’est ainsi que commençait le communiqué de presse diffusé par l’équipe au lendemain des vacances de Pâques. Il y a eu en effet de légitimes raisons à se montrer inquiet. Conjoncture actuelle, proximité géographique de l’annexe de Paris Assas, etc., tout pouvait laisser craindre que l’occasion serait belle de voir cette expérience remise en cause.

Quelle expérience ? Le Lycée autogéré a ouvert ses portes en 1982, dans les caves du lycée François-Villon, dans le cadre de l’Éducation nationale. C’est en 1984 qu’il s’installe dans les locaux actuels. Le lycée est dit autogéré parce qu’il est composé de deux catégories d’individus :
— Des enseignants, garants de la pérennité de l’expérience et
— Des élèves, volontaires, venus pour y suivre une formation.

Et, ce que nous recherchons, c’est la participation de tous à la gestion de l’établissement, tant sur le plan pédagogique que matériel. Les principes de fonctionnement sont démocratiques : un individu, une voix. Nous pensons que c’est en vivant la démocratie que l’on s’y forme, que c’est en vivant l’autogestion que ce principe demeure vivant. Il n’y a pas de hiérarchie interne, pas de proviseur, ni de CPE. Les punitions et la notation y ont été abolies.

Dès le début, certaines spécificités se sont fait jour. Il n’y a aucun statut « officialisant » l’existence du lycée. Les enseignants qui y travaillent, tous volontaires et cooptés par l’équipe, sont détachés de leur poste administratif pour un an, renouvelable chaque année. Le lycée a échappé à la régionalisation, il est de ce fait pour sa gestion toujours directement rattaché au ministère.

Les avantages matériels (dotation en équipement, livres gratuits pour les élèves) assurés par la région nous échappent. C’est le ministère, par le biais de la direction du Patrimoine et de la Construction universitaire qui gère les travaux. Ces quelques points pour souligner combien peut sembler précaire l’existence de cet établissement.

L’incendie a pris dans le dépôt jouxtant la cafétéria. Ayant été vite maîtrisé, les dégâts semblent limités à cette partie de l’établissement. Mais les armoires électriques et d’alarme, ainsi que les câbles ont été endommagés, ne permettant pas le fonctionnement du lycée. L’enquête a démontré qu’il n’y a eu aucune négligence de la part des membres du lycée (le feu a démarré vers 8 heures, alors que l’ouverture ne se fait que vers 8 h 45. Et qu’il n’y a pas de raison de considérer que la mise à feu soit intentionnelle.

Les lenteurs administratives (demande de crédit, transmission des dossiers, etc.) nous ont alarmés, puisque le spectre de la fermeture définitive semblait suspendu au-dessus de nos têtes. Nous devons reconnaître que les contacts que nous avons eu très rapidement avec l’Inspection académique nous ont été d’une grande aide, puisque nous avons rencontré des interlocuteurs à l’écoute qui ont permis à la fois de reloger temporairement les élèves dans deux établissements (je n’insisterai pas sur les difficultés matérielles que cela peut poser, ni sur la difficulté pour certains élèves qui étaient venus au LAP parce qu’ils ne supportaient pas le traditionnel) et de diligenter le démarrage des travaux. De même, nous avons rencontré au niveau de l’accueil des partenaires bienveillants.

Aujourd’hui, les travaux ont démarré, nous avons espoir qu’ils seront terminés d’ici le 21 mai, afin que nous puissions réintégrer nos locaux. Il faudra restaurer la cafétéria, ce qui est prévu pour les vacances de juillet.

L’attachement des individus à ce lieu est très fort. C’est ici que depuis vingt ans vit une expérience assez unique en France, surtout dans le cadre de l’Institution. Laquelle institution (rencontre avec l’inspecteur d’académie en assemblée générale) a clairement exprimé le souhait que cette expérience continue dans les meilleures conditions possibles. Souhaitons que se multiplient les lieux où l’on peut échapper à la loi de la concurrence et à la pesanteur des hiérarchies locales pour permettre l’épanouissement des individus…

N. M.





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