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Testicules sans limites !

Le jeudi 18 octobre 2001.

Cheikhs, kamikazes, religieux, présidents, premiers ministres, experts, directeurs de l’information… Tous se conjuguent au masculin. Image d’une telle évidence qu’on ne peut s’empêcher de voir Bush avec ses colts, ses missiles et son bouton-poussoir atomique, Ben Laden avec ses lance-roquettes, ses kalachnikovs et ses biffetons dans les poches, les talibans avec leurs machines à tuer constitutionnelles, Blair, Perez et Chirac avec leurs cravates et dossiers secrets. Dans tous les cas, on nous jette en pâture la représentation du culte de la personnalité. Ce virilisme, poussé à outrance à tel point qu’on ne peut le qualifier ou le nommer, nous isole. En effet, en quoi cela nous concerne-t-il ? Comment pouvons-nous nous identifier ? Qui nous ? Cette partie de l’humanité qu’« on » n’identifie pas, qu’« on » camoufle sous un universalisme neutre : les femmes. Remarquez bien que tous les protagonistes de la guerre et des appels à la haine ont des noms et des fonctions, alors que les promoteurs de la paix sont des groupes, majoritairement de femmes, qui n’ont pas besoin d’étendard. D’où qu’ils viennent, des États-Unis, de Croatie, du Kosovo, d’Israël, de Palestine, des Philippines, de Turquie, etc. les appels à la paix sont collectifs.

Alors, quelles sont les limites de la justice masculine ? Le mépris du meurtre organisé et la tolérance de la violence institutionnalisée. Quoi qu’en disent nos dirigeants, élus ou occultes, ces limites sont constitutives de leur place : le pouvoir politique et économique, construit sur le modèle de la domination masculine. Tant que la communauté internationale, comme elle est nommée, tolérera le sort réservé aux Afghanes, aux Algériennes, aux Chinoises, aux Indiennes, aux Mexicaines, aux Moldaves, aux Biélorusses, etc. le terrorisme, sur lequel tous les yeux se portent aujourd’hui, a de beaux jours devant lui. Bush et ses complices ne sont pas crédibles dans leurs rôles de sauveurs suprêmes. Nous ne les prenons pas au sérieux. Nous nous en méfions. Ils constituent des menaces objectives de guerre contre les plus déshérités de la planète : les pauvres, donc les femmes.

Joelle Palmieri
www.penelopes.org


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